Le feu s'est déclaré vers cinq heures du matin, hier, dans une chambre du dernier étage du 42, place Anatole-France, ce bâtiment « médiatique » du centre-ville squatté depuis le 3 janvier 2009. Aucun blessé n'est à déplorer. Les pompiers ont compté 62 occupants : une trentaine de Roms au rez-de-chaussée et une trentaine de jeunes marginaux dans les étages. Tous se sont retrouvés sur le trottoir avec quelques sacs et, pour certains, leurs chiens. Dans la matinée, les soldats du feu ont accompagné les habitants, deux par deux, pour qu'ils récupèrent leurs affaires dans les pièces intactes. « Cinq minutes pour ramasser toute une vie », pestait un jeune. Et ne plus revenir. Car le bâtiment, dont certains planchers menacent de s'effondrer, est désormais interdit. Une enquête est par ailleurs ouverte pour déterminer les causes du sinistre.
Un gymnase pour trois nuits
En plein déclenchement du plan grand froid, cet incendie met soixante personnes de plus à la rue. Les familles de Roms ont été conduites, dès hier matin, au centre social du Grand-Ramier, où 42 places d'hébergement d'urgence avaient justement été ouvertes vendredi dernier. Les jeunes, eux, ont d'abord été conduits au centre aéré du Petit Capitole, avant d'être dirigés par la mairie vers un gymnase du quartier Saint-Cyprien. « Il s'agit d'une mise à l'abri pour trois nuits. Nous attendons de la préfecture qu'elle prenne en charge la suite avec des hébergements adaptés », indiquait hier soir Claude Touchefeu, l'adjointe aux affaires sociales. « Pourquoi pas un lieu avec des bungalows », suggère Louis Quentin, porte-parole des Enfants de Don Quichotte.