Depuis quelques semaines, la municipalité cogite sur trois projets d'hôtel. Le premier, le seul à être validé, se concrétisera au sein des haras, rue Sainte-Elisabeth. Les deux autres devraient être finalisés au Heyritz et sur le site de l'ex-commissariat de la Nuée-Bleue. Leurs chambres s'ajouteraient aux 6 910 déjà recensées à la fin 2009 dans la CUS. Et avec 68 établissements intramuros, soit 4 253 chambres, Strasbourg est la 3e ville française en terme de capacité hôtelière, après Lourdes et Paris. Des hôtels strasbourgeois, qui, selon l'Observatoire de l'hôtellerie de la chambre de commerce et d'industrie du Bas-Rhin, ont affiché un taux d'occupation de 63 % en 2008 et d'environ 61 % en 2009.
Une pénurie en haut de gamme
L'an passé, le sommet de l'Otan et le marché de Noël ont permis aux professionnels de faire du chiffre. Des affaires qui ne sont plus au rendez-vous : « Depuis janvier, on enregistre des baisses d'occupation de 15 à 25 %. Pourquoi dès lors ouvrir de nouveaux hôtels ? Le marché est saturé, déplore Patrick Diebold, le vice-président du Groupement des hôteliers-restaurateurs du Bas-Rhin. Si ce ne sont pas des hôtels très très haut de gamme, nous n'en avons pas besoin. » Patrick Diebold estime aussi que la ville doit organiser un grand événement l'été pour attirer les touristes. Un dossier sur lequel planche Jean-Jacques Gsell, l'adjoint (PS) au tourisme, qui pense que les hôteliers doivent aussi soigner leur propre communication. « Ils ne souffrent pas plus que d'autres de la conjoncture, souligne l'élu. Les projets d'hôtels viennent de privés, pas de la ville, c'est donc bien qu'il y a un marché. Alors que nous allons rénover le palais des congrès et le parc des expositions au Wacken, il faut aller de l'avant. » Car la ville affirme refuser des congrès faute de chambres libres, notamment lors des sessions du Parlement européen. Et ce manque de capacité hôtelière pourrait se faire sentir davantage avec l'arrivée de la LGV Rhin-Rhône.
En revanche, Jean-Jacques Gsell s'accorde avec Patrick Diebold pour noter le manque d'établissements de luxe. « Deux investisseurs m'ont contacté pour ouvrir des cinq étoiles. Les dossiers pourraient évoluer cette année », confie l'élu qui envisage pour eux les sites du Wacken et celui du terrain Starlette au Port-du-Rhin. Et précise : « Rien n'est gagné. » Selon lui, ces cinq dernières années, deux projets ont avorté : un hôtel Mariott boulevard Wilson et un Sheraton près du palais des congrès.