Le MVR jouera en septembre dans un stade Couderc entièrement rénové.Marseille, ville de tous les sports et de tous les publics. C'était l'objet d'une conférence de presse, hier en mairie, pour le lancement de la semaine « Le Sport pour tous » (lire encadré) jusqu'à samedi. Mais comment expliquer qu'aucun club de sports collectifs ne parvient à cultiver l'excellence à l'ombre de l'OM ? Avec 850 000 habitants, Marseille ne compte que deux clubs de haut niveau : l'Olympique de Marseille et le Cercle des Nageurs. A titre de comparaison, Istres, 40 000 habitants, possède des équipes de volley féminin, de hand et de tennis de table en D1 et de foot en L2.
Que l'on se tourne vers le basket (N2), le handball (N3), le rugby (F1) ou le volley (N2), gagner l'élite et s'y maintenir semble improbable à Marseille. Il y a bien eu OM-Vitrolles Handball, contraint de déposer le bilan en 1996. Mais le club était adossé au totem olympien. Une stratégie que certains dirigeants actuels jugent toujours bonne. Il fut d'ailleurs question au début des années 2000 de créer un club de basket élite inclus dans une entité OM omnisports, sur le modèle espagnol du Real et du Barça. D'autres voudraient emprunter des voies plus indépendantes.
Mais tous cherchent le soutien de la ville qui, elle, se refuse à trop sacrifier au haut niveau et invite les clubs à mutualiser les talents, les efforts et les structures. « Ici, on ne met pas les moyens nécessaires », constate Bruno Michelangeli. Alors que son équipe fanion a été rétrogradée en N2 l'an passé pour raisons budgétaires, le président de Marseille Volley 13 ne décolère pas : « On n'a reçu que 50 000 € de subventions de la part de la mairie, du conseil général et du conseil régional réunis en 2008-2009 ! En comparaison, le club de Nice a obtenu 800 000 €. »
Manque de moyens
Claude Atcher se dit satisfait du soutien des collectivités. « Bien sûr, comme tout président, je souhaiterais que la subvention soit plus importante mais ce qui compte, c'est que les collectivités soutiennent le projet », confie le boss du Marseille-Vitrolles Rugby. Mais tous s'accordent pour stigmatiser le manque d'infrastructures. « On ne demande pas grand-chose, juste un stade fixe où jouer et où l'on puisse recevoir convenablement nos adversaires », clame Stéphane Puggioni, président de Marseille XIII Avenir. Quand aux handballeurs du CS Marseille Provence (N3), ils évoluent dans un gymnase Bois-Luzy plus que vétuste. « C'est vraiment pénible. Un peu plus de confort ne serait pas de trop », estime le manager Arnaud Chasset.
Après des années d'immobilisme, la ville passe aujourd'hui la vitesse supérieure en matière d'équipements sportifs. Le stade Roger-Couderc (14e) – pour la révision duquel elle a investi 3,3 millions d'euros – accueillera les rugbymans fin septembre 2010. « On est ravis », se réjouit Atcher. Le rugby est ainsi le premier à trouver son compte dans cette nouvelle politique. Les autres clubs de sports collectifs pourraient suivre. Marseille mérite bien ça.
70 millions d'euros, c'est le budget annuel sport et jeunesse. 1 500 associations sportives. 220 000 pratiquants, dont 150 000 licenciés. 71 stades (12 synthétiques). 112 gymnases. 600 manifestations sportives par an. 247 associations sportives ont déposé un dossier de demande de subventions en 2009. 198 d'entre elles ont été subventionnées.Jusqu'à samedi, la semaine est placée sous le signe du « Sport pour tous » avec 4 rendez-vous : Demain, à 11 h, présentation du « Label Sport Marseille » à la Maison des sports de Bonnefon (8e). Jeudi, à 17 h 30, à la piscine des Micocouliers (14e), séance de natation pour les enfants dirigée par Frédérick Bousquet. Vendredi, à 10 h, pose de la première pierre du stade des Caillols (12e). Samedi, à 12 h, au Palais de la glace et de la glisse (10e), inauguration de la plus grande rampe de France pour la pratique du roller, du skate et du BMX.