A Istanbul, glisser un doigt dans un des piliers de la cathédrale Sainte-Sophie, c'est l'assurance de voir son vœu se réaliser. On se demande bien si un supporteur du Losc n'y a pas fourré son pouce, sur le coup de minuit moins dix hier soir, pour que Lille arrache à Fenerbahçe sa qualification grâce à un match nul miraculeux (1-1). Menés au score pendant une heure, les Nordistes ont égalisé à la dernière minute, et affronteront Liverpool en 8e de finale de la Ligue Europa. Une issue totalement inattendue.
Adil Rami, héros d'un soir
Car hier, Lille a longtemps manqué d'un peu de tout. De poids au pressing, où Dumont n'a pas fait oublier Balmont (suspendu). De tenue de ballon, puisqu'Hazard et Obraniak étaient les seuls à savoir mettre la balle au chaud. De tranchant en attaque aussi, puisqu'Aubameyang a été mangé tout cru. Emre a réveillé le volcan du Saraçoglu, d'une frappe moisie de 25 m que Landreau n'a pas pu stopper (1-0). Si le gardien lillois n'avait pas sorti une tête plongeante d'Alex (44e), c'est alourdi de deux buts que le Losc serait rentré au vestiaire. Elle n'avait pourtant rien d'effrayante, cette équipe turque. En défense surtout, où son côté joueur aurait dû lui coûter plus cher si un client comme Gervinho, touché au ménisque, avait pu tenir sa place. Vu les solutions de rechange sur le banc il n'y avait que ça à faire : guetter la bourde ou espérer l'exploit personnel. Il est arrivé comme un cadeau tombé du ciel, grâce à une tête d'Adil Rami sur un coup-franc d'Obraniak (1-1, 86e). Le défenseur lillois a paru fébrile pendant tout le match, peut être à cause de sa sélection en équipe de France. Au final, c'est lui le héros. A Istanbul, on appelle ça la baraka.