Elles ont décidé de mettre les pieds dans le plat. Une dizaine d'Alsaciennes chefs de cuisine se réunissent aujourd'hui à Strasbourg pour créer leur association. Une façon de promouvoir leurs talents et de dire haut et fort qu'elles existent.
Plus souvent commis que chef
« C'est un métier principalement masculin. On a longtemps cru, à tort, en raison des horaires de travail, qu'il n'était pas compatible avec une vie de famille », explique Babette Lefebvre, la chef du restaurant La Cambuse. Aujourd'hui, même si elles sont de plus en plus présentes dans la profession, les femmes peinent encore à se faire une place derrière les fourneaux. En Alsace, on recense seulement une douzaine de femmes chefs de cuisine. « Elles sont malheureusement plus souvent commis que chef. C'est un milieu machiste », déplore Babette Lefebvre. Même constat pour Stella Layen, chef du restaurant strasbourgeois L'Amuse-bouche. Elle a eu des difficultés à trouver son premier emploi. « J'avais deux défauts : je n'avais pas fait d'apprentissage et j'étais une femme », pointe-t-elle. « Finalement, le premier chef qui m'a ouvert la porte était une femme! » Puis les difficultés ont continué. « Quand j'étais chef de partie, raconte-t-elle, les commis hommes ne supportaient pas qu'une personne de sexe féminin leur donne des ordres. Et, j'ai eu du mal à grimper les échelons. C'est pour cette raison que j'ai décidé de monter mon propre resto il y a huit ans. » L'association aura donc pour objectif d'aider les cuisinières débutantes à passer des concours et à trouver un stage ou une place dans les restaurants. Des interventions dans les collèges et des lycées pour promouvoir la cuisine après des jeunes filles sont également prévues. L'association est ouverte à toutes les femmes cuistots, chefs ou pas.