Sans charme, pas de vertige amoureux.
Ce pourrait être la devise de la pièce Un tramway, adaptée d'Un tramway nommé désir de Tennessee Williams, jusqu'au 3 avril au théâtre de l'Odéon, à Paris. Plutôt que de jouer sur l'érotisme, le metteur en scène Krzysztof Warlikowski préfère appuyer sur les névroses de l'héroïne campée par une Isabelle Huppert, certes magistrale, mais plus désincarnée qu'à l'accoutumée. La voix ralentie par la webcam qui filme son visage en gros plans, Blanche Dubois ouvre son âme à défaut de son coeur quand elle retrouve sa soeur (Florence Thomassin, jolie silhouette), rencontre son beau-frère polonais (Andrzej Chyra, bien moins ambigu que ne l'était Marlon Brando dans le rôle de Kovalsky), ou flirte avec le pote de ce dernier (Yann Collette pas très sexy non plus avec une perruque rouge sur la tête). Le décor se transforme malgré tout en boîte à fantasmes avec ses pièces qui s'ouvrent comme des tiroirs - bowling, toilettes, salon ou chambre à coucher. C'est joliment high-tech, mais ça tourne vite en rond, à vide sous les néons. W
Stéphane Leblanc