PEOPLE – L'essayiste donne sa version des faits…
BHL reconnaît son erreur. Epinglé lundi pour
sa citation d’un auteur fictif dans un livre à paraître sur Emmanuel Kant, Bernard-Henri Levy revient sur l’affaire, mardi, dans
Libération, dont il est actionnaire. «Salut l’artiste. Chapeau pour ce Kant inventé mais plus vrai que nature et dont le portrait, qu’il soit donc signé Botul, Pagès ou Tartempion, me semble toujours aussi raccord avec mon idée d’un Kant (ou, en la circonstance, d’un Althusser) tourmenté par des démons moins conceptuels qu’il y paraît», écrit-il.
Canular «crédible et brillant»
Ce texte est en fait un extrait d’une chronique pour
La Règle du Jeu, publiée lundi soir sur le Net par le philosophe et dans laquelle il choisit de prendre la chose avec le sourire. «Le canular étant, comme vous savez, une tradition normalienne j’avoue même éprouver un certain plaisir à m’être laissé piéger, à mon tour, par une mystification aussi bien ficelée», assure-t-il. Lundi, le
Nouvel Obs avait été le premier à se payer BHL, qui cite les travaux d'un certain
Jean-Baptiste Botul dans son prochain livre. Or, cet auteur n’existe pas, il est sorti tout droit de l’imagination de Frédéric Pagès, agrégé de philo et journaliste au Canard Enchaîné.
Lundi, Bernard-Henri Levy a salué son travail, «un très brillant et très crédible canular sorti du cerveau farceur d'un journaliste du Canard Enchaîné, au demeurant bon philosophe». «Je me suis donc laissé prendre, comme s'y sont laissés prendre les critiques qui l'ont recensé au moment de sa sortie», ajoute-t-il. Faute partagée, à moitié pardonnée?
S. C.