Une petite expérience bien décoiffante sur l'énergie éolienne, une leçon de cuisine en guise de cours de chimie... Si le maître d'école s'en charge, c'est bien, si c'est un étudiant spécialisé, une nouvelle tête qui « fait passer le courant », c'est quand même mieux. Du moins le rectorat et l'université de Toulouse en font le pari. Ils ont signé, hier, une « convention cadre » permettant aux étudiants des universités et écoles d'ingénieurs toulousaines d'intervenir dans les écoles primaires. Une consigne ministérielle dûment appliquée et formalisée, « pour la première fois en France » au niveau de toute une académie.
« Bon nombre d'enseignants qui ne sont pas d'origine scientifique ont besoin d'un repère, d'un compagnonnage », explique Jean-Jacques Lacombe, l'inspecteur d'académie chargé du dossier. « Il s'agit aussi de montrer aux élèves un visage jeune et dynamique des sciences à un moment où l'on observe une nette perte d'appétence pour les matières scientifiques », souligne Louis Castex, le président du Pres, l'organisme qui regroupe les établissements de l'enseignement supérieur. Donnant donnant donc. Environ 40 étudiants interviennent déjà de « façon dispersée » dans le primaire. Le rectorat souhaite susciter une quarantaine d'autres vocations avant le troisième trimestre et « tester le concept sur une heure hebdomadaire pendant six ou sept semaines ». Les « compagnons étudiants », indépendants hiérarchiquement de l'enseignant hôte, bénéficieront d'ici là d'une formation qui leur indiquera « la posture à adopter » devant les élèves. Le Pres* reçoit les candidatures des étudiants, l'inspection d'académie celles des instituteurs. W
*Renseignements au 05 61 14 80 10.