La CFTC, FO et la CGT ont prolongé jusqu'à début mars l'ultimatum lancé le 2 février à la direction de General Motors (GM) et dont l'échéance était fixée à hier. Leur sommation vise à obtenir des garanties sur la pérennité du site de l'équipementier automobile au Port-du-Rhin et de ses 1 200 emplois. « Nous laissons un délai supplémentaire de trois semaines mais nous maintenons la pression dans les ateliers », explique Roland Robert de la CGT-GM. Avec les autres organisations syndicales, il réclame le nom des cinq repreneurs qui auraient fait des propositions de rachat du site. Il s'agirait de deux fonds de pension et de trois entreprises du secteur automobile, dont une Chinoise. Leurs émissaires pourraient bientôt visiter l'usine, une raison pour laquelle, à l'appel des collectivités locales, les syndicats ont décidé de « calmer le jeu ».
Nous sommes toujours dans le flou », déplore néanmoins Jean-Marc Ruhland, délégué CFDT du comité d'entreprise de GM. Afin d'obtenir plus d'informations, il compte engager une procédure de droit d'alerte. Celle-ci permet à un comité d'entreprise d'obtenir de la direction des explications quand il a connaissance de faits préoccupants pour la situation économique de la société. Selon Jean-Marc Ruhland, la CFDT s'apprête aussi à poursuivre la direction de GM devant les prud'hommes pour ne pas avoir averti le comité d'entreprise du litige avec BMW, révélé fin janvier par un quotidien allemand. Motors Liquidation Company, la société liquidatrice des actifs de GM, a porté plainte contre le constructeur allemand pour non-respect d'un contrat passé en 2004. Celui-ci porte sur la fabrication dans l'usine strasbourgeoise de 200 000 boîtes de vitesse par an, jusqu'en 2015. Problème, BMW n'a demandé que 150 000 boîtes par an en 2008 et 2009. W