Thomas Domingo, un héros dans l'ombre

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Publié le 8 février 2010.

RUGBY - Le pilier de l'équipe de France a confirmé tout son potentiel à Murrayfield...

Il n’y en a eu que pour Mathieu Bastareaud et son retour en grâce. Et pourtant, après Ecosse-France, Telio, âgé de seulement 27 jours, peut être fier. Contre le XV du Chardon à Murrayfield, son papa a brillé, faisant exploser son vis-à-vis et pilier de Glasgow, Moray Low. Et c'est sans surprise que Thomas Domingo, 24 ans et six capes à son actif, a été reconduit dans le groupe de 23 joueurs qui affrontera l'Irlande, tenante du titre, samedi au Stade de France. Profitant du forfait de Fabien Barcella, blessé au genou et taulier à gauche de la mêlée bleue, le Clermontois n'a pas raté sa chance de se montrer, faisant largement oublier qu'il n'était qu'un «choix par défaut».
 
«Très fort en mêlée, présent en défense, capable de faire quelques charges dont lui seul a le secret», selon l'entraîneur des avants Didier Retière, Thomas Domingo a livré une partition quasi-parfaite. Suffisante en tout cas pour mettre le pack tricolore dans le sens de la marche et ainsi confirmé tous les espoirs placés en lui. «Je me suis senti plutôt bien sur ce match, confirme celui qui fut champion du monde avec les moins de 21 ans. Il y a bien sûr deux ou trois choses à revoir, notamment en défense ou sur mes déplacements, mais je me sens de plus en plus en confiance. En un an j'ai eu le temps de m'intégrer à ce groupe. Du coup, je suis libéré dans ma tête et forcément ça se ressent sur le terrain.»

«Je ne veux pas m'enflammer»
 
Et que de chemin parcouru depuis son baptême du feu avec la grande équipe de France, en février dernier contre le pays de Galles, dont il garde un souvenir indélébile: une cicatrice juste au-dessus de l'arcade droite, conséquence d'un télescopage avec Maxime Médard sur un placage à quatre mains. Habitué à la place de 23e homme, le Clermontois dispute, à l’entame de ce Tournoi des 6 Nations, une place de titulaire. Pour la plus grande satisfaction de Didier Retière : «Il y a maintenant une grosse concurrence à gauche, c’est une super nouvelle pour l’équipe de France.» «Il s'est passé beaucoup de choses et sincèrement, je ne m'attendais pas à une telle progression », confesse quant à lui Thomas Domingo. Un finale perdue avec l’ASM, une tournée d’été en Nouvelle-Zélande et en Australie - écourtée par une blessure -, puis une autre à l’automne. Mais la victoire historique contre les All Blacks à Dunedin en juin dernier, puis celle sur les Springboks en novembre à Toulouse, il les a vécues depuis les tribunes. Frustrant.
 
Ca n’a fait que renforcer sa motivation. Son entraîneur à Clermont, Vern Cotter, lui a appris la rigueur et a fait en sorte qu’il «[prenne] conscience que le haut-niveau implique des sacrifices et beaucoup de travail.» Sans aucun doute, ce jeune papa est prêt à en faire : «je ne veux pas m’enflammer et je sais qu’il faut encore que je progresse pour garder ma place dans le quinze titulaire.» Contre l’Irlande samedi, il portera pour la septième fois le maillot du XV de France. Et ça ne fait aucun doute, ce sera celui floqué du numéro 1.

Lauren Horky
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