Des Internautes en ligne de mire des partis

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Publié le 9 février 2010.

REGIONALES - Les candidats n'hésitent pas à se servir de Facebook pour draguer les électeurs...

Quelque 300.000 Alsaciens en âge de voter ont un profil sur Facebook, selon un recensement effectué par l'agence en consulting Red Act. Autant d'électeurs potentiels pour les régionales des 14 et 21 mars. Et, si, sur le terrain, la campagne électorale est encore poussive, elle a déjà bien démarré par blogs, sites officiels et réseaux sociaux interposés.

«Les internautes sont une cible à part entière, même si elle n'est pas plus privilégiée qu'une autre», estime un membre de l'équipe de l'UMP Philippe Richert. «Aujourd'hui, investir Internet n'est plus une question de stratégie politique, c'est la base», poursuit Arnaud Weber, porte-parole de la liste centriste L'Alsace pour vous!

«J'ai plus de mille amis»

Chaque camp - ou presque - a donc constitué son équipe dédiée à la cyber-propagande. Quatre militants bénévoles l'assurent du côté de l'UMP, autant au MoDem. Au Parti socialiste, «la e-Bigot team», composée d'une quinzaine de personnes, «assure une veille, fait de l'échange d'informations et riposte» aux attaques. «Jacques Bigot a la volonté d'être présent sur l'ensemble des réseaux sociaux», explique Thierry Sother, le responsable de sa Web campagne. Pour autant, le site officiel du candidat PS n'est toujours pas en ligne. De son côté, Jacques Fernique, leader d'Europe Ecologie Alsace, a dû confier la tâche de «confirmation des demandes d'amis» sur Facebook. Depuis son investiture à la tête de la liste et surtout la publication, mercredi, d'un sondage le plaçant en tête des intentions de vote, les demandes affluent. «J'ai plus de mille amis, dont j'ignorais l'existence il y a quelques jours pour la plupart», plaisante-t-il. Sur la douzaine de posts publiés par semaine sur son compte Twitter, il concède en écrire «sept ou huit», les autres provenant de ses collaborateurs.

Patrick Binder, du Front national, rédige, lui, l'ensemble des articles publiés sur ses différents sites. «Internet est un vecteur principal de ma communication. A chaque mailing, j'envoie mes programmes à près de 7.000 personnes dans la région, précise le frontiste. Si chacun les redistribue à deux ou trois amis ou membres de sa famille, ça me permet de toucher 20.000 personnes. Pour diffuser des documents, Internet, c'est presque comme le téléphone arabe.»

«Pimp my candidat»

Un intérêt qui n'a pas échappé aux autres candidats. «Les gens gardent les tracts pour eux, estime Anne Meunier, directrice de campagne de la liste MoDem. Par le biais d'Internet, les documents bougent, tournent.» Et dans le cadre d'élections à l'échelle d'une région, la Toile permet de faire des économies. «Couvrir toute l'Alsace est difficile, nous ferons moins de tractage que, par exemple, lors des municipales», témoigne encore Anne Meunier. «Internet offre l'avantage de ne pas avoir à se limiter dans l'expression, comme c'est le cas avec les supports papiers qui, en outre, ont un coût, argumente un membre de l'équipe UMP. Publier une photo ou un article sur un profil ou un site revient finalement à distribuer un tract dans la rue ou à coller une affiche sur un mur.» Le MoDem a même lancé une application «Pimp my candidat» permettant de personnaliser en ligne les affiches de ses têtes de file.

Plus sérieusement, les partis estiment que les réactions des Internautes à leurs publications sur les blogs et réseaux sociaux leur offrent la possibilité de réagir plus rapidement et de mesurer l'impact de leurs propositions. Une politique participative, dite 2.0, que Jacques Bigot et Philippe Richert, notamment, ont prévu de cultiver en organisant un chat d'ici au premier tour de scrutin.

A Strasbourg, Philippe Wendling
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