RUGBY - Après la solide victoire face à l'Ecosse 9-18...
Il devait se faire tout petit, revenir sur la pointe des pieds. Et pourtant, Matthieu Bastareaud a encore une fois fait parler de lui en écrasant par deux fois ses 114 kilos dans l’en-but écossais. Deux essais en forme de rédemption pour le banni des Bleus aux sombres pensées suicidaires, après l’épisode de la fausse agression de Wellington.
«Ce n'est pas Mathieu Bastareaud qui a fait gagner l'équipe de France, a même précisé Marc Lièvremont, visiblement agacé de devoir revenir une nouvelle fois sur l’épisode le plus sombre de sa mandature. Mais cela justifie notre choix même si ses deux essais concrétisent deux beaux mouvements collectifs.»
Ce n’est pourtant pas un hasard si le plus costaud des lignes arrières bleues s’est illustré dimanche à Murrayfield. Face à une Ecosse limitée, la France a surtout donné dans le jeu d’avant, pour un résultat pas forcément spectaculaire mais diablement efficace, notamment en mêlée, où la première ligne écossaise a dû se relever plus d’une fois pour ne pas laisser ses vertèbres sur le pré. «On a eu une mêlée archi-dominatrice mais on n'a pas vraiment été récompensé», tempère Marc Lièvremont, qui connaît bien la faiblesse récurrente des Ecossais en mêlée.
Car s’il faut regarder le verre à moitié vide, le sélectionneur français ne peut que constater que les Bleus ont produit peu de jeu et ont marqué uniquement en contre. « On leur a offert des points faciles. On ne battra personne en faisant ça», peut pester son homologue Andy Robinson, dont les joueurs n’ont pas su profiter des largesses de la défense française, résumées en une phrase par Matthieu Bastareaud: « on s'est fait pas mal percer quand même.»
Mais Marc Lièvremont préfère le verre à moitié plein. «Cet après-midi, on aurait peut être pu mettre quarante points mais sur l'essentiel, on est super content.» Il sera bien temps de pointer les nombreuses lacunes du jeu des Bleus, le week-end prochain au Stade de France, face à l’Irlande, un adversaire d’un tout autre calibre que le XV au Chardon.
Pierre Koetschet