Les Saints de la Nouvelle-Orléans remportent le Super Bowl

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Publié le 8 février 2010.

SOCIETE - Dimanche, près de 100 millions de spectateurs étaient devant leur écran...

De notre correspondant à Los Angeles
 
A l'issue d'un match intense et d'un coup de génie en début de 3e quart-temps, les Saints de la Nouvelle-Orléans sont venus à bout de Peyton Manning et des Colts d'Indianapolis 31-17.


 
Football américain et Super Bowl. Deux termes qui suscitent indifférence et incompréhension en France, à l'exception de quelques acharnés qui veillent jusqu'au milieu de la nuit et endurent la retransmission du service public (sur W9 cette fois). Aux Etats-Unis en revanche, c'est l'événement médiatique de l'année. Et plus que ça. On se réunit en famille ou entre amis. On parie, on crie et on se charrie dans une orgie culinaire de nachos, guacamole et Bud Light. Décryptage du phénomène avec Allen St. John, auteur du best-seller Super Bowl Sunday: The Billion Dollar Game.
 
 
Le Super Bowl, c'est presque une fête nationale
Thanksgiving reste le fête n°1 aux Etats-Unis. Le Super Bowl arrive juste derrière. Les Américains consomment plus de nourriture (dont 4.000 tonnes d'avocat) le premier dimanche de février qu'à Noël ou le 4 Juillet. «Super Bowl Sunday est presque devenu un jour férié», explique Allen St. John. Car «il ne s'agit pas ici de religion ou de patriotisme: l'Amérique est rassemblée dans le salon autour de quelque chose d'universel». A l'heure de la fragmentation de l'audience avec la concurrence d'Internet, les séries les plus populaires peinent à atteindre 20 millions de téléspectateurs. Le Super Bowl flirte toujours avec les 100 millions. En comptant ceux qui n'en regardent qu'une partie, plus de la moitié de l'Amérique suit l'événement, estime Allen St. John.
 
 
Pas besoin d'aimer le foot pour passer un bon moment
Dans les 7,5 millions de fêtes organisées, on croise de nombreuses personnes pas spécialement passionnées de ballon ovale. Mais depuis sa première édition en 1967 –suite à la fusion des deux ligues concurrentes– le Super Bowl est progressivement devenu un divertissement. Les publicités font désormais partie du spectacle avec des spots spécialement créés pour l'occasion pour lesquels les marques paient jusqu'à trois millions de dollars pour 30 secondes. Certaines, comme celle d'Apple en 1984 appartiennent à la légende et chaque édition connaît sa controverse (cette année, un spot antivortement). Sans compter des performances musicales de légende, de Michael Jackson en 1993 à Bruce Springsteen l'an dernier et les Who cette année. On trouve aussi des parieurs, qui misent à peu près sur tout (le vainqueur, le score, l'écart des points, le meilleur marqueur, la couleur du Gatorade versé sur le coach vainqueur, les cheerleaders qui seront le plus filmé etc).
 
 
 
Le football américain, un sport ultra tactique
Beaucoup n'y voient qu'un sport bourrin et ennuyeux, au rythme haché. Pour Allen St. John, le football américain «est un goût acquis». Il faut du temps pour saisir la subtilité de chaque action déroulée comme dans un jeu d'échecs. Il existe des dizaines de combinaisons tactiques, répétées encore et encore. Il faut avoir vu un match du bord de touche au moins une fois dans sa vie pour mesurer à sa juste valeur l'intensité sur le terrain. Le quarterback, le chef d'orchestre, ne dispose que de quelques secondes avant que quatre masses de l'équipe adverse ne le cisaillent. «Et franchement, un match de soccer qui finit à 0-0, ça vous fait rêver?», demande Allen St. John, un peu provoque.
 
Une tradition
Basket, baseball, football... Dur de désigner un sport roi aux Etats-Unis. Cela dépend beaucoup des régions, des familles. Pourquoi le Super Bowl éclipse-t-il alors la finale de tous les autres sports? «Les matches sont plus rares», rappelle Allen St. John. «Pendant leurs saisons respectives, les équipes jouent au baseball ou au basket presque tous les deux ou trois soirs, plus de 100 matches par saison. Le football, c'est une saison de 19 matches». C'est le rendez-vous du dimanche, celui qui laisse de nombreuses épouses «veuves» («football widows») alors que leur mari est scotché devant sa télé. Tous les gamins qui rêvent de devenir quarterback grandissent en lançant inlassablement le ballon au centre d'un pneu attaché à une branche arbre. Le vendredi soir, il y a souvent foule pour des matches de lycées, plus que pour n'importe quel autre sport. Des Trojans de USC aux Fighting Irish de Notre Dame, les équipes de foot font souvent la fierté des universités. Allen St. John plaisante: «Dans le cas d'un mariage entre deux membres d'universités rivales, c'est parfois presque Roméo et Juliette.» Du drame, de la passion, un des sports les plus techniques au monde, du divertissement... C'est un peu tout ça le Super Bowl.

Avez-vous veillé toute la nuit? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.

Philippe Berry
Emploi

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