FOOTBALL - Les Bleus se sont invités en conférence de presse au Haillan...
Jeudi matin, 10h20 au château du Haillan, l’antre des Girondins de Bordeaux. L’entraînement ne commence que dans dix minutes, mais déjà les parkings sont bondés. En salle de presse, au moins le double de journalistes par rapport à l’accoutumée, et autant de caméras et micros. Il faut jouer des coudes pour se faire une place, avant l’arrivée dans l’ordre, de Yoann Gourcuff, Marc Planus et enfin Laurent Blanc. Le plus attendu de tous après la potentielle bombe lâchée par le
Parisien/Aujourd’hui en France jeudi matin.
Le quotidien national titre en Une «Les Bleus promis à Laurent Blanc», et annonce que «le champion du monde a commencé à discuter récemment avec l’état-major de la FFF» et qu’il aurait «même rencontré courant janvier un très haut personnage de la Fédération. Sur le principe, il est d’accord pour rejoindre les Bleus et l’a signifié à son interlocuteur. Reste à mener une négociation en profondeur avec Jean-Pierre Escalettes, le président de l’instance.»
Seulement l’entraîneur bordelais le dit et le répète depuis des semaines, il ne souhaite plus répondre aux questions sur l’équipe de France ou à toutes celles qui commenceraient par «si». L’entretien débute. On y parle de Rennes, de la pression mise par les poursuivants, du suspens dans ce championnat. Presque de la pluie et du beau temps… Mais rien sur l’équipe de France.
LA question fatidique
Jusqu’à ce qu’un confrère de
Sud Ouest ose se lancer sur LA question, «celle que tout le monde veut vous poser». Première réaction de Laurent Blanc amusé, comme s’il l’attendait. Il est même presque surpris que celle-ci ne soit pas venue plus tôt: «Mais pourquoi alors est-ce vous qui me la posez?» Fou rire dans la salle. «Vous êtes chanceux», plaisante l’entraîneur. Le journaliste: «C’est une question au sujet de l’équipe de France. On dit que vous vous seriez déjà mis d’accord avec Jean-Pierre Escalettes pour prendre la succession de Raymond Domenech. Qu’en est-il puisque cette information est commentée de toute part ce matin?». Haussement d’épaules, Laurent Blanc soupire… «Que voulez-vous que je vous dise? Comme je suis poli, même si j’ai dit que je n’en parlais plus, je vais quand même vous répondre. Mais je ferai très court. Je démens tout ce qui a été dit. Point barre. Ça ne sera pas plus long que ça…» «Encore des questions?», intervient alors l’attachée de presse du club? Un autre journaliste en remet une couche: «Vous n’avez donc pas rencontré de haut personnage de l’état-major de la Fédération?» Un peu agacé cette fois, il coupe: «N’en rajoutez pas s’il vous plaît.»
Son président Jean-Louis Triaud n’est pas plus bavard: «Ce qui s’écrit dans les journaux, on s’en fout comme de l’an 40. Si l’on commence à commenter tout ce qui se raconte dans la presse… Surtout quand il s’agit des articles les plus farfelus!» En clair, le club n’a pas d’annonce à faire, reste concentré sur ses objectifs et communiquera en temps et en heure sur le sujet. Peut-être quand les Girondins de Bordeaux auront signé leur futur nouvel entraîneur? «Je pense que ni le coach, ni le groupe, ne pensent à ça actuellement car il est beaucoup trop tôt pour se pencher là-dessus. On a une fin de saison magnifique à faire avec Bordeaux, en essayant d’atteindre les objectifs du club», déclare ainsi Yoann Gourcuff. Oui en attendant il y a des titres à gagner et la vie au Haillan continue. Comme un long fleuve tranquille...
Lauren Horky à Bordeaux