ECOLOGIE - Ils craignent que d'autres espèces ne soient ensuite interdites, signifiant la mort de leur profession...
En colère. Le
Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM), qui regroupe l'ensemble des professionnels de la pêche en France, a «désapprouvé» le projet d'interdiction du commerce international du thon rouge,
à laquelle la France s'est déclarée favorable mercredi.
Menacé par la surpêche, le thon rouge pourrait être inscrit à l'annexe 1 de la Convention de l'ONU sur le trafic des espèces menacées (CITES), synonyme d'interdiction du commerce international pour tous.
«Le thon rouge est symbolique»
Le président du Comité, Pierre-Georges Dachicourt, a qualifié d'«annonce catastrophique» la prise de position du gouvernement en faveur de l'interdiction du commerce international du thon rouge, avec un délai de mise en oeuvre de 18 mois.
«Le thon rouge est symbolique», a-t-il estimé lors d'une conférence de presse. «On veut faire passer à la trappe toute cette pêche en général», a-t-il ajouté. «Aujourd'hui c'est le thon, demain c'est l'espadon, la morue, toutes les espèces, si on met le doigt là-dedans», a prévenu Mourad Kahoul, président du Syndicat des thoniers méditerranéens.
Braconnage
A la question de savoir s'il serait favorable à un blocage des ports, Pierre-Georges Dachicourt a répondu: «Quelle que soit la position des gens, quelle que soit l'action qu'ils vont entreprendre, moralement ils seront totalement soutenus par le Comité national. Je ne peux pas laisser cette profession mourir. C'est un scandale.»
Pierre-Georges Dachicourt a mis en garde contre un développement du braconnage: «Vous croyez sérieusement que les Japonais vont arrêter de manger du thon rouge?»
B.D. avec agence