Vanité contre vanité, les mouches ont eu la peau des diamants. L'exposition devait être la première occasion, pour le public français, d'admirer The Fear of Death de Damien Hirst. Et au lieu d'un crâne constellé de diamants, ils pourront voir un autre, du même artiste, mais intégralement recouvert de mouches agglomérées celui-ci (voir la photo).
Où sont passés les diamants? «Il n'a pas réussi à vendre son oeuvre estimée à 100 millions d'euros et a dû démonter les diamants qui incrustaient le crâne pour les revendre», raconte le spécialiste, Loïc Malle. Cette considération matérielle a donc permis la naissance d'une oeuvre dotée d'une symbolique plus profonde.
«C'est une vanité dans toute sa splendeur, s'enthousiasme Loïc Malle. Les insectes symbolisent la fragilité de la vie et la putréfaction. En bon catholique, Hirst reprend ces codes de l'avertissement des memento mori. L'effet d'accumulation renvoie, lui, à notre phobie des maladies. Il faudrait mettre cette oeuvre en vis-à-vis avec la vitrine de médicaments, réalisée par Hirst, qui dénonçait le système consumériste qui se nourrit de notre peur de la mort.»
L'historien de l'art estime que «par son art du marketing et par son obscénité très habile, Hirst dénonce aussi les acheteurs d'art capable de dépenser des millions pour ces vanités. Le crâne recouvert de diamants était une plaisanterie, une mise en scène pour démontrer l'absurde de la spéculation autour de l'art.»