Ils sont sans entreprise fixe depuis lundi. Pris dans un imbroglio juridique, les 130 agents qui assurent la sécurité dans le métro pour le compte de Tisséo ont quitté leur poste depuis trois jours. Quatre-vingts ont manifesté hier à la station Jean-Jaurès, dépités d'être « des salariés de personne, pris pour des moins-que-rien ». Théoriquement, ces agents sont salariés de Néo Security, titulaire du marché de la surveillance du métro... jusqu'au 1er février dernier.
Car dans le cadre d'un nouvel appel d'offres lancé par Tisséo, Neo Security a perdu le marché au profit de deux nouveaux prestataires : Torann France et Deigen France. Mais la direction a omis d'informer dans les temps son comité d'entreprise (CE) de la perte du contrat. D'où la suspension, décidée vendredi par le tribunal de grande instance (TGI), du transfert des salariés vers Torann et Deigen. Selon nos informations, la réunion d'un nouveau CE de Néo Security doit mettre un terme à cette situation ubuesque d'ici la fin de la semaine. « Dans l'attente de cette régularisation », Tisséo, a précisé hier que « le changement de prestataires ne doit pas impacter l'emploi de ces agents de surveillance ». Mais ils en veulent davantage. « Voilà des années que nous changeons de boîte au gré des marchés, le mieux serait de nous intégrer au sein de Tisséo », avance Célestin Matulu, leur délégué CGT. A la régie, les traminots CGT soutiennent la démarche. « Certains ont changé cinq fois d'employeur. Nous demandons que cessent ces appels d'offres et que nos collègues intègrent notre service sûreté interne », explique Thierry Tourte, élu syndical. Sans répondre ouvertement, Tisséo indique tout de même que son « métier est le transport de personnes ». W
H. M.