Un pas supplémentaire vers la consolidation de l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau. Créé en 2005, l'Eurodistrict va enfin se doter d'un budget et d'institutions. Jusqu'alors, cette structure transfrontalière n'était qu'un groupement informel, régi par une simple convention de coopération. Après le feu vert donné par les autorités allemandes, un arrêté préfectoral a officialisé lundi son nouveau statut, celui de groupement européen de coopération territoriale (GECT). Aujourd'hui, lors d'une réunion inaugurale de ce nouveau conseil de l'Eurodistrict ouverte au public*, un président et vice-président seront élus.
« L'Eurodistrict devient beaucoup plus concret et efficace », s'est réjoui hier Roland Ries. Parmi les changements significatifs liés au nouveau statut, le budget annuel de 850 000 euros, financé à parts égales des deux côtés du Rhin. « Ce budget permettra de faire fonctionner la structure, il amorcera la pompe », explique Roland Ries, même s'il le reconnaît : « Ce n'est pas avec ça que l'on fera de gros projets. » D'autre part, le conseil de l'Eurodistrict est appelé à voter à la majorité simple et non plus à l'unanimité, afin d'accélérer les prises de décisions. Plusieurs initiatives visant à faciliter le quotidien des habitants des deux côtés du Rhin ont déjà vu le jour grâce à la coopération transfrontalière : l'enseignement de la langue du voisin dans les écoles et la création d'un centre d'épilepsie unique, qui prend en charge les patients des deux rives, en font partie. « Nous souhaitons conforter la vocation européenne de Strasbourg, a rappelé Roland Ries, et créer un véritable territoire transfrontalier sans rupture du tissu urbain, en investissant notamment le quartier du Port-du-Rhin. » W
S. de A.