Les Molex se recyclent en politique

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Publié le 6 février 2010.

REGIONALES - Ils veulent faire entendre leur voix dans cette campagne...

Ils ont lutté pendant onze mois, «main dans la main», pour préserver les emplois chez Molex. Ils s'affrontent maintenant dans les urnes. Denis Parise, Guy Pavan et Alexis Antoine sont tous les trois candidats aux régionales, respectivement sur les listes PS-PRG-MRC, du Front de gauche et du NPA.

Une autre forme de combat

Trois cégétistes, pour trois étendards, et une même cause: tirer les leçons politiques du désastre Molex, qui a laissé en 2009 plus de 200 salariés sur le carreau malgré l'activisme des pouvoirs publics. Ils vont désormais jongler entre leur congé reclassement et les meetings. Une autre forme de combat qui n'a en rien entamé leurs bonnes relations.

«Ce qui aurait été inquiétant, c'est de retrouver des Molex sur les listes de droite», plaisante Denis Parise. Le secrétaire du comité d'entreprise de l'usine s'est laissé convaincre par Martin Malvy, le président sortant, en personne. «Il m'a téléphoné, nous avons déjeuné et après quinze jours de réflexion, j'ai dit "oui". Parce que franchement, ça m'aurait miné que la bataille Molex soit sans lendemain», raconte-t-il. Assuré de siéger, il souhaite que le conseil régional ne se contente plus de rencontrer les dirigeants des entreprises en difficulté. «Il faut aussi contacter les comités d'entreprise».

«Un opportunisme louable»

L'aventure est différente pour son compère Guy Pavan. Cet adhérent du PC a d'abord décliné une place sur la liste Haute-Garonne du Front de gauche, avant d'accepter d'y figurer en Tarn-et-Garonne. A condition de ne pas être éligible. «Je reste un syndicaliste dans l'âme», se justifie-t-il. L'idée, pour lui, est de «poursuivre l'expérience» en témoignant. «On ne peut plus continuer à financer des plans de réduction d'effectifs, sans contrôle réel et sans demander l'avis des salariés», avance-t-il.

«Il faut absolument interdire les licenciements bousiers», le rejoint son ami et toujours collègue Alexis Antoine. C'est loin des caméras que ce discret militant du NPA, sans mandat syndical, a traversé la bataille Molex. Il a oeuvré à travers son blog et prend les régionales «comme un prolongement naturel». Ces trois nouveaux en politique sont tout sauf naïfs. Ils savent que c'est l'étiquette Molex qui a le vent en poupe. «Je ne pense pas qu'ils auraient pensé à moi, à cette place-là, si je n'étais pas un Molex. Mais c'est un opportunisme louable», admet Alexis Antoine. «La notoriété joue, reconnaît Guy Pavan. D'habitude, chaque liste cherche son joueur de rugby. Cette fois, c'est un Molex.»

Hélène Ménal
Emploi

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