Elles sont venues refaire leur garde-robe à moindre coût. Une vingtaine de femmes ont participé samedi après-midi à une troc party organisée par l'agence Valso Alliance au café O Boudu Pont, à Saint-Cyprien. Importé de Grande-Bretagne, le concept consiste à échanger des vêtements, sans dépenser un sou. « La troc party se déroulait avant entre copines dans un appartement, explique Sophie Azam, gérante de Valso Alliance. Mais avec la crise, beaucoup de Toulousaines étaient demandeuses, alors j'ai décidé de lancer cette opération. » Chaque participante a amené une dizaine d'articles à céder.
Sur les tables, les troqueuses n'ont que l'embarras du choix : chaussures, pulls, jeans, robes ou foulards... Une véritable caverne d'Ali Baba où chacune farfouille, examine le moindre bouton, à la recherche de la meilleure affaire. Une fois l'article essayé dans la cabine, les filles font leur choix. Et chacune y trouve son compte. « J'ai apporté un manteau que je ne portais plus et je repars avec deux pantalons et deux tee-shirts, confie Sophie, étudiante de 23 ans. Cela permet de faire des économies, de rencontrer de nouvelles personnes, mais aussi de recycler des vêtements que je n'aime plus mais qui peuvent plaire à d'autres filles. » Céline, une institutrice de 32 ans, est quant à elle ravie d'avoir troqué une veste qu'elle ne portait plus contre un petit haut noir. En plein essor, la troc party n'inquiète pourtant pas les professionnels de la friperie. « Le développement de l'échange montre un changement des mentalités privilégiant le recyclage à la surconsommation, souligne Hervé Langelotti, patron de la friperie Groucho. Ce n'est pas de la concurrence, puisque les articles échangés viennent de grande marque, alors que notre friperie met l'accent sur les vêtements de style rétro ou les pièces uniques. » Même son de cloche pour les spécialistes du troc, réunis en association. « C'est une bonne initiative qui privilégie la rencontre et l'échange entre les participants, affirme François Plassard, initiateur du système d'échange local toulousain, le SEL Cocagne. C'est bien, car l'argent n'y a aucune valeur, les objets tournent et resservent à quelqu'un. » Fort du succès de ces réunions, l'agence Valso Alliance envisage de créer des trocs parties à destination des enfants ou des hommes.
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