Plus de deux cent cinquante personnes ont participé hier à la cérémonie de recueillement organisée par la communauté juive de Strasbourg au cimetière israélite de Cronenbourg. La veille, une trentaine de tombes profanées avaient été découvertes, suscitant une vive émotion. Dix-huit stèles avaient été taguées avec des croix gammées. Treize autres renversées. L'inscription « Juden Raus » (Juifs dehors) figurait sur l'une d'entre elles.
Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, les hauts représentants des communautés juive, catholique, protestante et musulmane, et de nombreux élus strasbourgeois ont assisté à cette cérémonie. Réunis devant le monument érigé à la mémoire des mille martyrs de Strasbourg, victimes de la barbarie nazie, tous ont dénoncé ces « actes ignobles ». Pierre Lévy, le président de la communauté israélite de Strasbourg, a exprimé « son indignation » non seulement devant « la lâcheté de ces actes », mais aussi devant « la date choisie » pour les accomplir. Ces dégradations ont en effet été découvertes le 27 janvier, Journée internationale de la commémoration de l'Holocauste. « Quand un juif de France est insulté, c'est l'ensemble de la communauté nationale qui est blessée, a déclaré à son tour Brice Hortefeux. Nous combattrons avec une détermination sans faille les groupuscules qui cherchent à attiser la haine au mépris de nos principes et valeurs. » Le sénateur-maire Roland Ries (PS) s'est inquiété, lui, de cette « résurgence d'antisémitisme et de racisme » à Strasbourg. « L'enquête déterminera s'il y a un lien entre toutes ces affaires », a-t-il ajouté. Il y a une quinzaine de jours, des slogans islamophobes avaient été inscrits sur le mur de la maison du maire ainsi que sur la voiture d'un administrateur de la grande mosquée de Strasbourg. Après avoir allumé la flamme du souvenir pour les victimes juives du nazisme, l'assemblée est allée se recueillir sur les tombes profanées. W