DETENTION - Le comédien a lancé, hier, un festival de cinéma pour les prisonniers...
La visite du comédien Jamel Debbouze, hier, à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) n’est pas passée inaperçue. Mais seule une cinquantaine de détenus, volontaires et triés sur le volet, ont pu l’approcher. Et participer au premier festival de cinéma organisé dans l’établissement carcéral.
Un moment d’évasion
Huit films seront projetés jusqu’au 5 février dans plusieurs bâtiments de la prison. A l’affiche, Angel-A de Luc Besson, LOL de Lisa Azuelos ou encore Le Coeur des hommes de Marc Esposito. Une programmation un peu dépassée pour la plupart des détenus qui ont déjà vu ces films. «Dans les cellules, on a la télé et moi j’ai des DivX. Ce qui est surtout intéressant, c’est de pouvoir échanger avec l’équipe du film», explique Marco*, membre du jury.
«Vous êtes victimes de la société»
«C’est un moment d’évasion pour eux. Il faudrait que ces opérations soient renouvelées plus souvent», assure Yannick Le Meur, le directeur du service pénitentiaire d’insertion et de probation de l’Essonne. Accueilli en star, Jamel Debbouze a tenu à laisser un message «fort» à ses hôtes. «Vous êtes des victimes de la société. Je ne connais personne qui soit né avec le gène de la violence et du vol», a-t-il lancé avant de répondre aux sollicitations des caméras.
«Effectivement, c’est une opération de communication. Mais ça nous donne de l’espoir. On a l’impression de servir à quelque chose», explique Jean*, un détenu encore en prison pour quelques semaines. En tout 400 détenus, sur les 3.000, pourront assister à l’une des projections et discuter avec les équipes de tournage. «Vous avez devant vous les plus calmes. Ils ont été sélectionnés en fonction de leurs tempéraments. Les éléments les plus chauds, croyez bien qu’ils ne sont pas là», lâche un surveillant.
*Les prénoms ont été changés
William Moliné