HANDBALL - L'entraîneur slovène transcende ses hommes et effraie les adversaires...
«Il faudra se méfier. C’est un monsieur très intelligent.» La mise en garde est signée
Didier Dinart, à qui pourtant on ne la fait plus. Le monsieur en question n’est autre que Noka Serdarusic, sélectionneur de la Slovénie et surtout coach pendant quinze ans du mythique club de Kiel. Certes, le technicien ne foulera pas le parquet mardi à Innsbrück, mais son aura suffit à faire douter les Bleus.
«C'est un piège, affirme Claude Onesta. Ce sont les mêmes joueurs qu'avant, mais l'arrivée du nouveau coach leur a donné un coup de booster.» Un coup de booster qui a notamment permis aux Slovènes de venir
bousculer des Polonais impressionnants (30-30) lors de la première phase des poules. Un homme connait plus que tout autre la valeur du quinquagénaire: Nikola Karabatic,
parti jouer à Kiel en 2005 pour être sous ses ordres. «C'est le meilleur coach au monde, estime le demi-centre français. Les Slovènes ont beaucoup progressé tactiquement. Ils jouent beaucoup mieux ensemble et utilisent le jeu rapide, comme on le faisait à Kiel.»
La présence de son ancien entraîneur sur le banc adverse donnera un tour particulier au match de Karabatic. Ce dernier n’a pas oublié ses liens avec Noka Serdasuric. Ni ceux qui le lie au Slovène
Vid Kavticnik, venu de Kiel à Montpellier l’été dernier dans les bagages de la star française. «Je les considère tous les deux presque comme de ma famille, explique le Français. Quand on était à Kiel, on allait souvent avec "Vid" manger chez Noka. Sa femme nous faisait des plats de l'ex-Yougoslavie. Noka est un sage. C'est toujours un plaisir de m'asseoir avec lui et de parler, même si ce n'est pas de handball.» On ignore ce qu’ils se diront mardi, mais on est sûr d’une chose, ils ne seront pas là pour discuter gastronomie.
Matthieu Payen