Tsonga, tennisman à sensations fortes

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Publié le 25 janvier 2010.

TENNIS - Le Français s'est qualifié pour les quarts de finale de l'Open d'Australie. Et ça n'étonne personne...

Jo-Wilfried Tsonga est un tennisman à sensations fortes. Coups de gueules contre les photographes, tentative d’ace (ratée) sur une secondes balle à 5-5 dans un tie break («je voulais servir comme une brute»), grands coups droits à estropier un arbitre de ligne... Almagro a eu droit au grand show lundi lors de leur 8e de finale. Pas du genre à gérer ses matchs en petit épicier, Tsonga a juste apprécié de remporter sa première rencontre en cinq sets (6-3, 6-4, 4-6, 6-7 (6/8), 9-7). «Même si je n'ai pas fait exprès, c'est encore meilleur de gagner un match en cinq sets que de le gagner 6-2, 6-2, 6-2. Celui-là, je suis allé le chercher, je suis allé au bout de moi-même. On peut parler d'un dépucelage réussi.» Et tant pis s’il aurait dû le plier en trois sets.


>> Pour revivre le match en live, cliquez ici



Puncheur pétri de talent, Tsonga a du cœur. «J'aime la bagarre, quand les deux acteurs vont au bout d'eux-mêmes. C'est comme ça que j'aime le tennis.» Avec un tel mental, l’élève d’Eric Winogradsky peut tout ravager. Et ce n’est sans doute pas un hasard si la plupart des cadors du Top 5 le citent régulièrement en tête des outsiders. «Ce qui me plaît avec lui, c’est cette capacité à gagner, même quand il ne joue pas trop bien, explique Patrice Hagelauer, nouveau Directeur technique national (DTN). Dans le tennis, il y a une marge importante entre bien jouer et gagner. J’en parlais avec Matts Wilander l’autre jour. Il me racontait qu’il avait rarement bien joué lors de ses matchs importants. Et pourtant qu’est-ce qu’il en a remporté…»


Sauf qu’avec Tsonga, ça passe ou ça casse. Quitte à donner l’impression de se sortir du match tout seul quand tout roule. Même à 15-00, Tsonga râle, trépigne, éructe... Le même défaut qu’avait Roger Federer jeune, avant de devenir ce bloc de concentration. Son coach cherche d’ailleurs à le calmer, sans pour autant gommer ses aspérités. «C’est sûr que cela peut lui bouffer de l’énergie mais sur une fin de match, ça peut aussi faire toute la différence», conclut Patrice Hagelauer. Tsonga a maintenant rendez-vous avec un certain Djokovic, qui l’avait battu en finale à Melbourne en 2008, l’édition qui l’avait révélé au grand public. Alors que d’autre auraient préféré écarter toute idée de revanche, le Français est rentré dedans avec délectation. «Ce sera une revanche forcément mais depuis, je l'ai battu quatre fois (sur cinq), a souligné le n°10 mondial. Il sait que je suis capable de bien jouer, de le battre et ça change un peu la donne.»

M. Go.
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