Aider les jeunes à dessiner puis à bâtir leur avenir professionnel. L'Ecole nationale supérieure d'architecture de Strasbourg (Ensas) va signer demain avec le rectorat une convention visant à faciliter son « accès à des lycéens issus de milieux défavorisés ». Suite à des séances d'information, l'établissement va sélectionner trois élèves parmi des volontaires scolarisés dans les lycées Le Corbusier (Illkirch), Xavier-Nessel (Haguenau) et Gustave-Eiffel (Cernay). En juin, à Paris, ils bénéficieront d'une formation gratuite aux concours d'entrée dans les écoles d'architecture. S'ils réussissent celui de l'Ensas, ils seront accompagnés l'an prochain par un professeur référent et des étudiants tuteurs.
« Il ne s'agit pas de faire de la discrimination positive, mais de permettre l'intégration d'élèves de milieux plus défavorisés dans une filière assez sélective, précise Philippe Bach, le directeur de l'Ensas. Le nombre de candidats à l'entrée en première année a beaucoup augmenté ces dernières années. Ils sont passés de 300-400 à environ 1 400 pour cent places. » Un engouement qui s'explique essentiellement par les débouchés professionnels qu'offrent les études d'architecture. « Il s'agit d'une formation qui conduit à un métier, estime Philippe Bach. Jusqu'à présent, 90 à 92 % des étudiants trouvent un emploi dans les six mois suivant leur sortie de l'école. »
Pour l'Ensas, l'enjeu de la convention, poursuit son directeur, est également « de bénéficier d'un regard nouveau et différent sur les besoins et les réalités urbaines dans les quartiers ». Déclinaison locale d'un accord passé entre la Fondation culture et diversité, l'Education nationale et le ministère de la Culture, le dispositif va être expérimenté cette année par cinq des vingt écoles françaises d'architecture mais « est appelé à s'étendre ». W
P. W.