le crémant nuit à la tranquillité du sylvaner

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Publié le 25 janvier 2010.

Le crémant fait trinquer le sylvaner. Avec près de 32 millions de bouteilles vendues en 2009 et une croissance régulière de 8 % depuis vingt ans, le crémant d'Alsace vise les 34 millions de bouteilles en 2010. Mais il y a un hic. Les vendanges ne permettront d'en produire que 33 millions. « On va taper dans les stocks, annonce Olivier Sohler, président du Syndicat des producteurs de crémant. Mais la matière première risque de manquer », autrement dit, le pinot blanc, cépage principal dans l'élaboration du crémant d'Alsace. A court terme, « il va falloir utiliser d'autres cépages pour le produire ». A moyen et long terme, l'encépagement du pinot blanc devrait gagner du terrain, particulièrement au détriment du sylvaner.

« Les gens consomment moins mais mieux, poursuit Olivier Sohler. Le sylvaner, c'est un vin d'entrée de gamme qui est en nette perte de vitesse. Il va bien falloir le remplacer par quelque chose qui marche ! » S'il n'est pas inquiet pour les autres vins tranquilles (riesling, pinot gris, gewurztraminer), Sohler redoute un destin identique à celui du chasselas. Ce cépage occupait encore 10 % des surfaces exploitées en 1969 et ne représente plus que 0,6 % aujourd'hui, essentiellement pour produire du vin d'assemblage (edelzwicker). Le sylvaner présente un peu plus de personnalité, mais reste dans l'ombre des autres cépages.

Pour Franck Mairine, responsable de l'école des vins Arthur Metz, « il faut avoir des craintes pour le sylvaner. Surtout qu'avec le réchauffement climatique, on pourrait voir arriver de nouveaux cépages de la vallée du Rhône, comme le viognier ou le sauvignon. Pour l'instant, les AOC sont très rigides, mais on va vers une libéralisation des appellations. »

Sur les huit cépages alsaciens historiques, le chasselas a déjà tiré sa révérence. Le muscat végète et les plans arrachés, pour cause de maladie ou de vieillesse, sont de plus en plus souvent remplacés par du pinot. Le sylvaner a chuté en trente ans de son piédestal. Cépage préféré des viticulteurs alsaciens en 1969 (27,3 % des terres cultivées), il est désormais le 5e (8,9 %), et même devancé par le pinot noir. Le vignoble alsacien est en plein chamboulement. Et ce n'est qu'un début. W

Camille Volondat
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