HANDBALL - Les Bleus s'imposent face à l'Allemagne au terme d’un match qu'ils auraient pu tuer plus tôt...
Décidément, gagner sans souffrir n’est pas dans les gênes de cette équipe de France. En ouverture de la deuxième phase de poules de l’Euro, les Bleus menaient de sept buts à dix minutes de la fin. Mais il a fallu une nouvelle fois attendre les dernières secondes du match pour les voir s’imposer 24-22.
Ce score aurait largement satisfait les Français avant la rencontre, tant les oppositions face à l’Allemagne renvoient à de mauvais souvenirs – la
défaite discutable en demi-finales des Mondiaux 2007 notamment. Les Experts savaient que ce ne serait pas une promenade de santé et l’agressivité du début de match le confirme. Dans les buts, Thierry Omeyer tient la baraque, surmotivé après avoir pris deux ballons en pleine face: «J’ai montré que j’étais prêt à mettre tout le corps pour arrêter le ballon, témoigne-t-il. Tirer sur le visage est une tentative pour impressionner l’adversaire, mais avec moi, ça ne marche pas.»
«Bluffer par l’adversaire»
La stabilité de la base arrière permet alors aux Bleus de prendre leur envol: 12-10 à la mi-temps, puis 19-12 au milieu de la seconde période. La
révélation Guillaume Joli enfile les penaltys sans siller [7 sur 8] et les Allemands écopent de nombreuses pénalités. Les jeux semblent faits. Mais c’est sans compter sur le désormais traditionnel «passage à vide» des hommes de Claude Onesta.
Comme face à l’Espagne et la République Tchèque, les Bleus déjouent en fin de partie. Leur compteur reste bloqué à 22 unités. Les Allemands reprennent confiance et le match en main. «Quand on a 5 ou 6 buts d'avance, on sait que l'adversaire va à un moment ou à un autre jouer son va-tout, explique le sélectionneur français. Pour le moment, ces quitte ou double nous font vaciller. Si on était des joueurs de poker, on se ferait bluffer par l'adversaire.» Heureusement, les Bleus détiennent deux cartes maîtresses. Guillaume Joli, sur un nouveau penalty, et Thierry Omeyer, impérial jusqu’au bout, évitent la déconvenue. Aussi douloureuse fut-elle, cette victoire place les Bleus idéalement sur le chemin des demi-finales. Alors, autant ne pas s’arrêter en route.
Matthieu Payen (avec agence)