TENNIS - Après le deuxième tour, elles ne sont plus que deux Françaises à l'Open
d'Australie. La FFT a fait du tennis féminin l'un de ses chantiers prioritaires...
Marion Bartoli et Julie Coin seules dans le désert français. A l'Open d'Australie, les dames tricolores ne sont déjà plus que deux (Coin joue son deuxième tour jeudi). Il faut dire qu'avec 7 joueuses dans le tableau du premier Grand Chelem de la saison, la probabilité de voir une de nos joueuses briller est minime. Depuis les glorieuses années d'Amélie Mauresmo et de Mary Pierce et si l'on excepte la finale de Bartoli à Wimbledon en 2007, le tennis féminin tricolore est moribond (un quart en Grand Chelem en 2009 à Melbourne, encore Bartoli). «Il faut redynamiser le tennis féminin,
explique le nouveau Directeur Technique National (DTN), Patrice Hagelauer, qui prône une approche spécifique. L'erreur serait de vouloir à tout prix copier ce qui se fait chez les garçons.»
Densifier l'élite
Avec des profils aussi atypiques que Marion Bartoli et Aravane Rezaï, difficile de créer un esprit de groupe comme celui des nouveaux mousquetaires. Pour répondre à l'urgence, la Fédération Française de Tennis (FFT) joue le pragmatisme. Première décision: renforcer la structure d'entraînement mise à la disposition des joueuses qui le désirent. Un préparateur physique et plusieurs entraîneurs (dont Hugo Lecoq, l'ancien coach d'Amélie Mauresmo) ont ainsi été nommés.
«L'idée est avant tout de densifier le nombre de joueuses dans les 200 premières mondiales pour qu'une émulation se crée», explique Alain Solvès, en charge du programme Avenir national et ancien entraîneur fédéral. Actuellement, elles sont 12 (5 dans les 100), autant dire une espèce à protéger sur un circuit dominé par les joueuses de l'Est. «Des filles ont beaucoup reculé au classement. Il faut retrouver la notion de plaisir et les résultats suivront», poursuit Patrice Hagelauer. Et même si Tatiana Golovin, toujours victime de ses problèmes de dos, manque pour permettre la transmission avec les jeunes retraités (Amélie Mauresmo, Emilie Loit), certaines joueuses peuvent assurer la relève comme Kristina Mladenovic, 16 ans...
Redonner le goût du tennis
A plus long terme, la FFT veut aussi travailler sur la formation des jeunes. «Dans certaines classes d'âge, nous avons 80% de garçons pour 20% de filles», regrette Alain Solvès. La Fédération va ainsi organiser des réunions entre tous ses conseillers techniques pour réfléchir à ce désamour. Sans se voiler la face: pour attirer ces jeunes joueuses, il faudra aussi que des championnes leur donnent envie de jouer au tennis. L'éternel serpent qui se mord la queue.
Matthieu Goar