En période de crise sportive, les footballeurs ont tendance
à céder à un réflexe quasi pavlovien lorsqu'ils sont sollicités par la presse : mutisme obstiné, ou recours au clichés. Après leur déconvenue clermontoise (0-2), les joueurs de Jean-Marc Furlan ont choisi la deuxième solution. Le sempiternel « on doit prendre les matchs les uns après les autres » était donc très à la mode ces derniers jours dans les allées de la Jonelière. Bien pratique quand on veut éviter de s'épancher sur le doute qui ronge les Canaris. « J'ai dit aux joueurs de se concentrer sur le moment présent, explique ainsi l'entraîneur nantais. C'est évident que le doute est là. Trois défaites, c'est beaucoup. Certains doutent de leurs qualités. » Une version corroborée par le nouvel arrivant, Kevin Lejeune : « Je pense que le groupe est touché moralement. Il y a un petit manque de confiance. Mais chacun prend ses responsabilités. »
On le sent, la méthode Coué n'est pas loin. « Qu'on essaie de se donner un peu de bonheur contre Vannes, exhorte ainsi Furlan. Essayons avant tout de faire une bonne performance. » Ce serait un début, en effet, après la catastrophique prestation clermontoise. Un match au cours duquel certains cadres nantais sont passés à côté, abandonnant à leur sort les minots Lusinga, Bonnes ou El Mourabet quand ils auraient dû les guider. « Certains garçons étaient très en dessous de leur niveau de jeu, admet Furlan. On se crée deux ou trois occasions, vous vous rendez compte ? On a cinq garçons qui sont passés au travers. Ils ont de la fierté, ils savent qu'ils doivent se rattraper. » Face à des Vannetais eux aussi en grosse difficulté depuis quelques matchs (un seul succès en six journées de championnat), Nantes devra surtout montrer qu'il est encore vivant. Qu'il peut encore mordre. « Il y a du caractère dans cette équipe, il faut le montrer sur le terrain, dès le match contre Vannes, assène le défenseur Florian Jarjat. Il va falloir être guerriers. Quand on a des difficultés, il faut savoir repartir de zéro. Et la première chose à mettre, c'est l'engagement. »
L'engagement. A défaut de produire du jeu, une tâche qui semble au-dessus des moyens actuels des Nantais, toujours aussi diminués par les blessures. Même si Monsef Zerka réapparaît, et si la dernière recrue du mercato, l'ex-Lensois Issam El-Adoua, fera sa première apparition avec le groupe canari. « Il faut que les blessés reviennent, qu'on récupère de l'impact physique, résume Furlan. En attendant, il faut limiter la casse, et pour le moment, on n'y est pas arrivés. » Neuvième, le FC Nantes n'a en effet plus de temps à perdre, sous peine de voir ses derniers espoirs d'accession s'envoler, et les relégables se rapprocher. W