Ils ont décidé d'être à nouveau de mauvais élèves. Opposés aux évaluations nationales des CM2 qui débutent aujourd'hui en Haute-Garonne, certains enseignants et parents d'élèves montent au créneau contre cette mesure mise en place l'an passé. « Nous ne sommes pas contre le principe même des évaluations, mais contre le fait qu'elles se déroulent en milieu d'année. Elles sont censées dresser un bilan des acquis, alors que les élèves n'ont pas encore vu tout le programme », dénonce Pascal Astruc, président départemental de la FCPE. Au-delà du calendrier, un autre aspect le dérange : l'exploitation des données. « Elles peuvent être utilisées comme un indicateur de performance entre les différentes écoles », poursuit-il.
L'an dernier, le rectorat a dévoilé les résultats par département, mettant en valeur ses bonnes notes comparées à la moyenne française. Mais 22 % des enseignants n'avaient pas transmis les résultats de ces évaluations au niveau national. « Beaucoup d'enseignants n'en ont fait passer que la moitié. Chacun fait ses propres évaluations, nous n'avons pas besoin de celles-ci pour savoir ce qu'il faut faire. C'est une manipulation, le ministre souhaite simplement avoir des chiffres pour justifier ses politiques de soutien, comme les aides personnalisées qui ne sont rien d'autres que de la poudre à perlimpinpin », estime Alain Refalo. « Résistant pédagogique » sanctionné pour ne pas avoir voulu appliquer les réformes Darcos, il vient de sortir un livre* sur son combat. W
* En conscience je refuse d'obéir. Editions des Ilots de résistance, 19 euros.