Oubliez Rohmer et Mano Solo. Le « it-mort » de la semaine s'appelle Jay Reatard. Ce rockeur américain est décédé mercredi dans son sommeil, chez lui, à Memphis, à l'âge de 29 ans. Il disparaît sans Graceland ni couronne. De son vrai nom Jimmy Lee Lindsey Jr, celui qui avait débuté par « un disque pour trois cents fans de punk-rock » laisse derrière lui une discographie schizophrène : deux albums et une flopée de vinyles. Une carrière fulgurante à l'image de ses chansons, qui dépassaient rarement les deux minutes, envoyées à toute berzingue.
Ses morceaux racontaient l'Amérique rurale, les bouseux à gueule cassée, la crasse des pick-up, la graisse des burgers. Il multiplie les séjours en HP, vire ses musiciens le soir des concerts, provoque une baston générale avec les spectateurs. Alors qu'il commençait à atteindre le grand public, ce redneck talentueux confiait l'an passé à Vox Pop : « Si les choses deviennent trop bien, je les détruirai. » W
Charles Dufresne