Jean-Claude Darcheville: «Un climat désastreux en dehors du terrain»

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Publié le 14 janvier 2010.

INTERVIEW - L'attaquant du FC Nantes, remplaçant depuis l'arrivée de Furlan, ne s'attendait pas à vivre une saison aussi difficile...

Comment expliquez-vous qu'après un bon début de saison, tout se soit écroulé en deux mois au FC Nantes?
C'est après un match contre Laval, en octobre, où j'ai dit mon ressenti [que certains manquaient d'humilité sur le terrain] que ça s'est gâté. C'était pourtant pour le bien de l'équipe. Il y a des gens qui l'ont compris, d'autres pas. Je me suis excusé auprès des joueurs concernés alors qu'au fond de moi, je savais que j'avais raison. J'ai traversé des clubs où on s'est dit des choses beaucoup plus difficiles que ça. Cela prouve qu'on est un groupe un peu fragile.

Attend-on trop de vous?
Quand je suis arrivé, j'ai dit qu'à moi tout seul, je ne pourrais pas faire remonter le FC Nantes. Vous pouvez mettre Ronaldo ou n'importe qui sur le terrain, ça sera pareil. Inconsciemment, les gens s'en prennent à moi car ils pensent que je suis la star. Et ce n'est pas le cas.

Depuis le début de l'ère Furlan [arrivé début décembre], vous êtes remplaçant deux matchs sur trois. Avez-vous compris ce choix de l'entraîneur?
C'est lui le boss. La seule chose que je n'ai pas comprise, c'est que c'est au moment où je commençais à marquer des buts qu'on me coupe dans mon élan. Mais cette situation ne durera pas car je sais de quoi je suis capable. Un entraîneur peut cacher un joueur, mais cacher le talent du joueur, il ne peut pas. A un moment, ça éclatera aux yeux de tous.

Vous n'avez donc jamais songé à partir?
Si, j'ai eu cette réflexion-là. En octobre-novembre, il est vrai que j'ai envisagé de partir au mercato. On a même réactivé des contacts que j'avais eus pendant l'été. Aujourd'hui, je ne joue pas pour l'argent, car j'ai pu en mettre assez de côté. Je joue pour le plaisir. Et c'est vrai que je n'en ai pas pris pendant les six premiers mois. Mais, partir signifiait aussi fuir mes responsabilités. Et je ne suis pas un joueur qui lâche.

Vous êtes optimiste?
Je suis optimiste. Mais pour ça, on a besoin de tout le monde. Y compris des journalistes. C'est la première fois que je vois des journalistes essayer de créer la zizanie. Ici, j'ai l'impression que le climat extérieur agit sur la partie sportive. En 15 ans, c'est la première fois que je suis dans un club où règne un climat aussi désastreux en dehors du terrain. J'avais pesé le pour et le contre lorsque j'ai signé, mais à aucun moment je n'ai pensé que c'était à ce point.

Vous ne seriez pas venu ici en sachant cela?
Franchement, non. Je ne voulais pas venir ici pour lutter contre des gens extérieurs. Mon objectif en venant à Nantes était de prendre du plaisir. Pour cela, il ne faut pas s'occuper des problèmes extra-sportifs. Tu sors d'un match et des supporters t'attendent... Je connais mon caractère, je ne sais pas ce que je suis capable de faire un jour. Je ne veux pas terminer ma carrière comme ça.

Propos recueillis par Jules Housseau
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