C'est une petite salle surpeuplée, au bout d'un morne couloir.
Une trentaine de personnes sont venues s'y entasser pour faire examiner leur différends. Ils sont patrons ou salariés et espèrent que le conseil des prud'hommes démêlera leurs histoires. Parmi eux, un requérant détonne. C'est Xavier Thuilot. L'ancien directeur général du Losc, licencié pour « faute réelle et sérieuse » le 17 juin dernier, est venu réclamer hier ce qu'il estime être son dû : 493 000 euros de primes que le Losc refuse de lui accorder.
Le club lillois pense lui avoir déjà versé ce qu'il lui devait : 107 000 euros. Un prorata des primes annuelles touchées par l'ex-dirigeant des Dogues, qui s'élèvent à 600 000 euros, si les résultats du club sont atteints. Et ils le sont très régulièrement, depuis son arrivée au club, en 2000. Son avocat rappelle qu'il a « gravi tous les échelons au Losc » et que le 7 avril dernier, « le conseil d'administration lui a adressé ses vives félicitations ». Les défenseurs du club nordiste en conviennent. Mais estiment que ces succès ont fini par monter à la tête de Xavier Thuilot. Qualifié « d'Iznogoud, qui voulait être calife à la place du calife », il voit son solde de tout compte exhibé comme un chiffon devant la salle, malgré les protestations de son conseil : 339 127 euros. Chuchotements dans les rangs. Selon l'interprétation du Losc, c'est sans consulter son président que le « dirgé » du Losc a décidé du renvoi de Rudi Garcia, le 16 juin. L'audience ne porte pourtant par sur ce sujet. Le club réclame 5000 euros de dommages et intérêts et 5000 euros de remboursement de frais de justice. La décision est mise en délibéré au 2 février prochain. W