Le pompier qui n'aimait pas l'urgence

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Publié le 10 janvier 2010.

DAKAR - Le motard Yannick Guyomarc'h a mis deux jours pour venir à bout de la 7e étape...

De notre envoyé spécial au Chili.

Une malle grise, une tente bleue. Yannick Guyomarc’h retrouve enfin son petit univers tout simple de motard sans assistance. Pour ce pompier de Paris, la 7e étape du Dakar a débuté vendredi matin et s’est achevé le lendemain en fin d’après-midi. Soit 35 heures sur une moto. «Pas tout à fait 35 heures, corrige-t-il, la figure couverte de terre. J’ai dormi quelques heures sur le côté de la route. Mais j’ai essayé de rouler au maximum parce que je ne pouvais pas dépasser les 30km/h.» La faute à ses appareils de navigation qui se sont désolidarisés de la moto et menaçaient de tomber à tout moment. «J’ai hésité à les balancer pour accélérer, confie-t-il. Et puis, je me suis rendu compte que de nuit un GPS et un road-book, c’est quand même bien utile.»

Ils lui ont en effet permis de trouver son chemin à travers la Pampa de Tamarugal, les Salar de Llamera et la Sierra Miranda jusqu’à Antofagasta, loin derrière tous les autres concurrents. Heure d’arrivée: 17h30. Une demi-heure seulement avant la limite de temps autorisée par l’organisation. A-t-il songé à arriver trop tard? «J’ai commencé à faire mes calculs pour arriver dans les temps. Ca ne sentait pas bon.» Et à abandonner? «Surtout pas, je me l’interdis. Il y a trop de gens qui m’ont aidé dans ce projet.»

David Casteu, grand seigneur

Ces gens, ce sont ses amis, ses collègues de la caserne Plessy-Clamart, ses partenaires. Yannick Guyomarc’h a ainsi réuni un budget de 18.000 euros – «sans compter la moto» - pour prendre part à son 5e Dakar. «J’ai créé une association “Moto 18 Rallye Raid” pour réunir les fonds, explique-t-il. La démarche est difficile lors du premier Dakar. Maintenant, je sais vers qui me tourner.»

Cette année, ils n’étaient que quinze à partir comme lui avec les moyens du bord, sans mécanicien pour remettre la bécane en état tous les soirs. La journée, c’est moto ; le soir, c’est bricolage. «Finalement, en arrivant au bivouac, on ne règle que la moitié du problème», sourit-il. Pourtant, samedi soir, après son étape marathon qui lui a coûté la journée de repos, le pompier ne touche pas sa machine. Le bon Samaritain David Casteu, qui a abandonné sur blessure lors de la quatrième étape, prend en charge la moto du héros du jour. «C’est normal. Quand j’ai débuté, Fabrizio Méoni a fait la même chose pour moi», se souvient le motard professionnel. Yannick Guyomarc’h peut ainsi se concentrer sur l’essentiel: sa malle grise et sa tente bleue.
Matthieu Payen (à Copiapo, Chili)
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