Mano Solo, le punk aux trois disques d'or

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Publié le 10 janvier 2010.

PORTRAIT - Le chemin chaotique d'un chanteur en colère...

Une voix qui retourne les tripes et une vie de combat. Mano Solo a lâché prise, ce dimanche, emporté par des anévrismes. Fils de Jean Cabut -dit Cabu-, dessinateur satyrique, et d’Isabelle Monin, militante écolo et co-fondatrice du magazine La gueule ouverte, il avait hérité de ses parents son goût du parler vrai et son engagement.
 
C’est un crayon en main que Mano se découvre une âme d’artiste au cours de son enfance en banlieue parisienne. Et ce n’est que vers 16 ans, en 1979, qu’il se met à tâter de la guitare, au sein de Chihuahua, un groupe punk. Sans pour autant délaisser le dessin et la peinture, puisqu’il continue à signer de nombreuses toiles sous le nom de Boredom (ennui, en anglais).

Punk un jour, punk toujours
 
Une dizaine d’années d’errance plus tard, Mano Solo, qui s’est mis à écrire des textes, se décide à passer derrière le micro, encouragé par son ami chanteur Eric Lareine. Entre temps, à Noël 1986, il a appris qu’il était séropositif. «J'avais beaucoup séduit et fait pas mal de conneries toxicomanes, même si je ne me shootais plus depuis longtemps. J'avais vraiment le profil», expliquera-t-il dans une interview au Nouvel Observateur.
 
Son premier album, La marmaille nue, sort en 1993 chez Warner. Pendant 16 ans et 10 albums, l’ancien punk chantera sa colère portée par une ambiance musicale éclectique, quelque part entre rock et musette, airs de tango et rythmes africains. Parallèlement, l’artiste ne lâche pas ses pinceaux et réalise lui-même certaines pochettes de ses disques.

Trois disques d'or et un public fidèle
 
Toujours engagé, Mano Solo était également animateur radio sur Aligre FM, dans des émissions donnant la paroles aux militants de tout poil. Son parler vrai lui permettra de gagner 3 disques d’or et un public fidèle, mais lui fera perdre sa maison de disques Warner après une tentative d’autoproduction ratée.
 
Son dernier album, sorti en septembre 2009 chez Wagram, s’appelle «Rentrer au port». Hospitalisé après son dernier concert à Paris en novembre dernier, le chanteur a mis les voiles sans attendre sa prochaine tournée.
Julien Ménielle
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