Cyril Despres: un compétiteur au pays des baroudeurs

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Publié le 7 janvier 2010.

DAKAR - Le leader du classement moto brille sur le Dakar, mais ne fait pas l'unanimité...

«Despres? Je ne l'ai vu qu'une fois depuis le début du rallye». Pour Serge Gélébart, l'un des «Bretons du désert», comme pour de nombreux concurrents amateurs, l'actuel leader du classement moto du Dakar est un fantôme. «Je ne pourrai pas vous en parler, je ne le connais pas, je sais juste qu'il va vite», confirme Frédéric Lepan, malgré ses sept Dakar dans les pattes. Despres, inconnu? Un comble pour le double vainqueur de l'épreuve qui affirme être «un exemple pour les motards amateurs».

Son parcours est en effet enviable. D'abord, mécanicien chez Challenge 75 et pilote d'enduro, il opte rapidement pour le rallye-raid. «C'est un peu moi qui lui ai donné le goût de ce type de course, explique Patrick Kevorkian, patron de Challenge 75. Il travaillait dans mon garage à Paris spécialisé dans le rallye-raid.» Et dès 2000, il se lance dans l'aventure. Quatorzième pour un premier essai, pas mal pour un amateur. Mais pas suffisant.

Comme Armstrong

Car si Despres a bien une qualité, c'est la persévérance. «Il sait exactement ce qu'il veut et il fait tout pour y arriver. C'était déjà le cas quand il était mécano chez nous», indique Patrick Kervorkian. Du coup, le débutant fait le nécessaire pour devenir le meilleur: il rejoint l'écurie KTM aux côtés du champion Richard Sainct, peaufine sa préparation physique qui lui donne un corps de surfeur californien et bosse méticuleusement ses courses. «Il n'est peut-être pas le plus talentueux, mais il est très pro, posé, il ne laisse rien de côté», fait remarquer David Frétigné, l'un des rivaux de Despres. Il en a fait la démonstration jeudi lors de la sixième étape, choisissant le bon cap, là où tous les autres se sont égarés. «C'est l'expérience et une bonne connaissance du road-book», commente-t-il.

Ce côté perfectionniste détonne dans l'univers du Dakar, où le goût de l'aventure et de la souffrance dépasse l'attrait de la performance. «Quand ça roule pour lui, il est bien», dit Patrick Kevorkian. Sous-entendu, quand ça va mal... L'an passé, ses complaintes au sujet de ses problèmes mécaniques - qui pourtant touchent tout le monde - sont devenues célèbres. Du coup, on le dit distant, voire arrogant. «C'est sûr qu'il n'est pas aussi proche des autres motards qu'un David Casteu [2e au général avant son abandon sur blessure mercredi]», compare Frédéric Lepan. Jeudi, à l'arrivée de la sixième étape où il finit deuxième, nous avons demandé à Despres s'il allait désormais gérer son avance pour s'imposer. Sa réponse: «Rien n'est fait. Sur le Tour, on ne dit pas qu'Armstrong va gagner après seulement trois étapes.»
Matthieu Payen (à Iquique, Chili)
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