DAKAR - Le Chilien Carlo de Gavardo n'a pas réussi à attendrir les organisateurs...
De notre envoyé spécial au Chili.
Le coup de téléphone n'a pas plu à Etienne Lavigne, le directeur de l'épreuve. Au bout du fil, le pilote chilien
Carlo de Gavardo quémandant le droit de continuer l'aventure, après son élimination lundi lors de la troisième étape du Dakar. La réponse est nette: c'est non. Gavardo ne fera pas vrombir le moteur de son Hummer dans le désert de l'Atacama. Un drame pour ce «régional de l'étape».
Mais derrière l'humiliation personnelle se cache une autre affaire. Carlo de Gavardo avait obtenu le volant d'un des trois Hummers, équipés par le bouillant Américain Robby Gordon, grâce au financement du gouvernement chilien. Et la note s'élève à 1 million de dollars. Beaucoup d'argent confié à un pilote qui n'a encore jamais rien prouvé.
La course avec l'assistance
Pire, Gavardo est en fait un motard. Du coup, les critiques fusent de toute part pour dénoncer le gâchis. «C'est comme si on confiait 1 million de dollar à Marcello Rios pour participer au Mondial de Squash», ironise l'autre star du rallye-raid chilien Eliseo Salazar, qui a justement perdu cette année son volant en Hummer. «300.000 dollars la journée, c'est cher, surtout sans avoir parcouru un mètre dans son propre pays», ironise le
quotidien chilien El Mercurio.
Gavardo se défend, se présentant comme un ambassadeur de son pays. «L'argent a été remboursé dès le premier jour de la course», soutient-il. Grâce à la publicité faite autour de son véhicule monstrueux, s'entend. Le pilote est néanmoins contraint à un chemin de pénitence. Il conduira son véhicule en compagnie des véhicules d'assistance du Dakar. Pas glorieux.
M. P. (à Antofagasta, Chili)