INTERVIEW - Depuis dimanche, un décret fixe l'heure limite d'ouverture des boîtes de nuit à 7 heures du matin partout en France, et interdit la vente d'alcool à partir de 5h30. Didier Chenet, président du Syndicat national des hôtels, restaurants, cafés et traiteurs, explique à 20minutes.fr en quoi cette mesure est bénéfique...
Ce décret va-t-il vraiment améliorer la lutte contre l'insécurité routière?
Oui, je le pense vraiment. La
même heure de fermeture pour l’ensemble des établissements de nuit en France va permettre d’éviter le nomadisme nocturne, quand les clients prennent leur voiture pour aller d'un département à l'autre dans une course à l’établissement qui ferme le plus tard.
La fermeture à 7 heures du matin permet de fluidifier les départs, de repartir au lever du jour et non plus en pleine nuit, donc de limiter les risques sur la route. Et, à cette heure-là, les clients pourront utiliser les transports en commun dans les grandes agglomérations pour un retour plus sécurisé à leur domicile.
C’est aussi une mesure bénéfique pour vous en termes d’image…
Oui, car elle montre que nous, professionnels du secteur, participons activement à la lutte contre l’alcoolisme au volant. Nous en avons assez d’être stigmatisés, alors que seuls 12% des ventes totales d’alcool se font dans les établissements de nuit. Et, en marge de ce décret, nous proposons aux adhérents de
notre syndicat de distribuer gratuitement à la sortie de leur établissement des alcootests.
En une heure, l’organisme n’assimile que 0,1 gramme d’alcool. Une heure et demie, ce n’est pas assez pour assimiler tout l’alcool de la soirée.
Non, mais tous nos clients ne sortent pas de nos établissements avec un degré d’alcoolémie poussé. Cette heure et demie «blanche» va aussi permettre aux gens de se restaurer, de se reposer. On va éviter l'endormissement au volant.
Vous parlez de restauration. Cette mesure est donc aussi un gain financier pour les boîtes de nuit?
Bien sûr. Cette mesure va également permettre de redynamiser le secteur, en crise depuis environ 5 ans. Entre 5h30 et 7h, nous servirons toutes les boissons, hors alcool, peut-être aussi des viennoiseries, ce qui va permettre de fixer la clientèle dans nos établissements plutôt que de la voir partir ailleurs pour un «after».
Propos recueillis par Bérénice Dubuc