Les juges ont reconnu son déni de grossesse. Poursuivie pour privation de soins ayant entraîné la mort de son enfant, Valérie a été acquittée hier devant les assises du Bas-Rhin. Le 8 mai 2005 au petit matin, la préparatrice en pharmacie, âgée aujourd'hui de 24 ans, avait abandonné le corps sans vie de son nouveau-né devant une maison de Buswiller. Elle avait accouché seule quelques heures auparavant, dans sa voiture au milieu de la forêt de Haguenau. Le bébé, un garçon prématuré de 7 mois, était rapidement décédé.
« Je pensais que c'était une gastro, avait expliqué Valérie lundi à la barre. J'avais mal au ventre, ça n'arrêtait pas. J'ai perdu les eaux, je ne savais pas ce qui se passait. » Malgré une prise de poids, ni elle, ni ses proches n'avaient remarqué qu'elle était enceinte. Mardi, le professeur en gynécologie-obstétrique Israël Nisand avait estimé, comme elle le clamait, qu'elle avait été victime d'un déni de grossesse « complet et grave ».
Une thèse rejetée hier matin par l'avocat général, Jean-François Absal, qui avait requis à son encontre une peine de deux ans de prison avec sursis assortie d'une mise à l'épreuve de trois ans et d'une obligation de soins. Selon lui, la jeune femme avait « oblitéré » sa grossesse par « un mécanisme de défense et de refoulement ayant pour but de maquiller la réalité. Il me semble évident qu'elle ne doit pas aller en prison. Elle n'est pas une criminelle au sens générique du terme. C'est une victime, elle est dans une forte détresse et a besoin d'une psychothérapie. » L'avocat général avait néanmoins déploré que Valérie n'ait pas appelé les secours au moment d'accoucher, alors qu'elle avait pris soin, ensuite, de laver son bébé et de couper son cordon ombilical avec des ciseaux. W
P. W. (avec agence)