Sa naissance en janvier 2009 a suscité un grand enthousiasme. Annoncé par Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au Commerce comme une « révolution », ce nouveau dispositif devait démocratiser la création d'entreprises, en facilitant les démarches administratives de l'installation et en instaurant un régime social simplifié pour le créateur. Un an plus tard, le statut d'auto-entrepreneur garde toujours un bon capital d'image aux yeux du grand public, même s'il a généré quelques vraies déceptions.
Son succès est tout d'abord quantitatif puisque 300 000 personnes se sont inscrites à ce nouveau régime, dépassant l'objectif que le gouvernement s'était fixé de 200 000 auto-entrepreneurs d'ici à la fin 2009. Autre pari gagné : celui de la simplicité des démarches, car selon les premiers résultats de l'Observatoire de l'auto-entrepreneur, révélés mercredi dernier, 70 % des 1 000 personnes interrogées déclarent n'avoir rencontré aucune difficulté importante lors des différentes étapes de leur parcours. Au final, 83 % d'entre eux sont satisfaits de ce statut car ils apprécient notamment l'indépendance qu'il apporte. Enfin, le gouvernement se frotte les mains car le régime de l'auto-entrepreneur a aussi permis de faire émerger certaines activités qui auraient pu être exercées au noir et ainsi récupérer les charges sociales et fiscales qui jusqu'alors lui échappaient. « Il va rapporter 200 millions d'euros de rentrées fiscales en 2009 », a ainsi annoncé Hervé Novelli.
En revanche, là où le bât blesse, c'est que ce sur les 300 000 auto-entreprises créées, seulement 40 % ont déclaré un chiffre d'affaires. Preuve que certains apprentis patrons ont jeté l'éponge rapidement ou qu'ils ont mis en sommeil leur affaire. Autre point noir : alors que ce nouveau régime était initialement destiné aux salariés, retraités, fonctionnaires, étudiants, etc., souhaitant compléter leurs revenus, il a été pris d'assaut par les demandeurs d'emploi, qui représentent la moitié de cette population de nouveaux patrons. Ces derniers tentent de subsister à leurs besoins par ce biais, mais tirent de très faibles revenus de leur activité. Car toujours selon l'Observatoire, le chiffre d'affaires moyen des auto-entrepreneurs s'élève à 5 200 euros, ce qui génère in fine pour eux un revenu mensuel net de 775 euros, très insuffisant pour pouvoir vivre décemment.
L'année 2010 sera donc décisive pour ces auto-entrepreneurs, qui seront condamnés à voir progresser leurs revenus, sous peine de devoir laisser tomber leur affaire. Pour l'heure, ils semblent croire aux lendemains qui chantent car la majorité des sondés par l'Observatoire prévoient une croissance de 50 % de leur volume de chiffre d'affaires en 2010. Verdict dans quelques mois. W