Une introduction aux allures de cours de fac, deux tables rondes où se succèdent les interventions... Le débat sur l'identité nationale, version bas-rhinoise, s'est illustré, hier, par son « organisation soignée » conformément aux voeux émis par le préfet du Bas-Rhin, Pierre-Etienne Bisch. « Nous avons fait appel à plusieurs universitaires afin d'effectuer un cadrage pédagogique et aider à la bonne progression de la réflexion sur ce sujet sensible », explique-t-il. Plus de 150 personnes, invitées sur carton, étaient réunies à l'hôtel préfectoral pour débattre sur « Etre français au XXIe siècle ».
Contrairement à ce qui a pu se dérouler dans d'autres départements, le débat n'a pas été ouvert au public. Un choix assumé par la préfecture. « Il faut aborder franchement ce sujet, mais sans prendre de risque inconsidéré, a souligné le préfet. Les personnes invitées représentent la richesse de la ressource humaine du département. Des élus locaux, des membres d'associations, des élèves et des enseignants, des représentants des cultes sont présents. » Pourtant, dans le public, Louis Le Bris, étudiant en master 1 à l'institut d'études politiques de Strasbourg, ne semble pas partager ce point de vue. « La sociologie de la salle n'est pas représentative de la sociologie française. Il y a beaucoup de costards », remarque-t-il.
Le débat, qui a duré trois heures, a été divisé en deux parties. La première avait pour thème « Identité nationale et identité européenne » tandis que la seconde abordait les spécificités régionales. Les échanges se sont déroulés dans le calme, à l'exception de la prise de parole de Xavier Codderens, conseiller régional FN, qui, en parlant « du problème de l'immigration », a provoqué l'indignation du public. A l'issue des échanges, Thomas Barthelmé, docteur en mathématiques, un des rares à avoir contacté la préfecture pour participer au débat, avoue n'être toujours pas convaincu de l'utilité d'une telle démarche. « On parle de plein de choses, mais on ne définit rien. Sans parler des relents racistes dans la salle. » A l'opposé, Oktay Yildirim, président d'origine turque du Mouvement des entrepreneurs et des industriels de France, sort satisfait. « Il est toujours important de rappeler que l'identité nationale repose sur l'acceptation des différences. » W