Repoussé à huit points du leader après seize matchs (une première depuis la saison 1998-1999), Lyon voit ses chances de titre se réduire comme peau de chagrin. Pourtant, il reste encore quelques raisons de ne pas désespérer.
Non, mathématiquement rien n’est perdu
La morale de La Fontaine ne tient pas toujours dans le championnat de France. De l’AJ Auxerre en 1996 au Lyon de Paul Le Guen en 2004, le lièvre a parfois eu raison de la tortue. Repoussé à huit points du leader bordelais, les Lyonnais n’ont pas fait le deuil de leurs ambitions de titre. «Huit points de retard, cela commence à être conséquent même si ce n'est pas décisif», relativise Claude Puel. S’il cherche un avocat, l’entraîneur lyonnais peut s’adresser à Yoann Gourcuff. «Il ne faut pas enterrer trop vite Lyon, plaide le toujours très poli meneur de jeu bordelais. L'année dernière, à la même époque, on avait six points de retard sur eux et on a fini par être champions». Même son de cloche chez Laurent Blanc. «Personnellement, je suis de ceux qui pensent que les Lyonnais, même s'ils ne sont pas au mieux actuellement, seront présents à la fin du championnat», donne rendez-vous l’entraîneur des Girondins.
Oui, Bordeaux maîtrise trop son sujet
C’est peut-être le constat le plus préoccupant du revers de dimanche. Même dans un soir moyen,
Bordeaux a maîtrisé des Lyonnais trop timorés offensivement. «En deuxième période, notamment dans les vingt-cinq dernières minutes, on a été supérieurs à Lyon», remarque Laurent Blanc. Difficile de donner tort au technicien bordelais. Hormis un passage à vide début novembre, ses joueurs maintiennent
un niveau de performance constant quand Lyon avance entre coup d’éclats et coups de mou. Une tactique jamais payante sur la longueur d’un championnat.
Non, l’infirmerie va se vider
Aux rythmes où les corps lâchent, Jean-Michel Aulas va devoir penser à agrandir l’infirmerie du centre d’entraînement de Tola Vologe. Toulalan, Bodmer, Cleber Anderson, Govou manquent actuellement à l’appel, Clerc revient tant bien que mal (plutôt mal), Boumsong peine à se remettre d’une blessure aux adducteurs alors que Cris et Lisandro ont eu aussi droit à leurs arrêts maladie. Bref, l’OL a des circonstances atténuantes. Au complet ou presque, les Lyonnais ont montré quelques promesses en début de saison. Une fois l’infirmerie vidée, tout espoir est donc permis comme l’explique Jean-Alain Boumsong dans un élan de sagesse: «Quelle que soit la durée de la nuit, le jour finit par arriver. C'est ce qu'on dit chez nous». Reste à savoir si l’adage camerounais prévaut aussi sur les bords du Rhône.
Oui, cette équipe manque de caractère
C’est un mantra répété à la longueur de conférence de presse. L’effectif lyonnais manque de tauliers, de grandes gueules capables de remettre tout le monde d’équerre. Après la défaite face à Bordeaux, Cris a remis une couche à ce sujet. «On a des qualités, mais sur le terrain, on n'a pas de caractère. On doit montrer un autre visage», plaide le défenseur brésilien, un peu dépassé par cette tâche de patron depuis les départs de Grégory Coupet et Juninho ces deux dernières saisons. Jamais avare d’un bon tacle appuyé,
Bernard Lacombe a cherché la semaine dernière à titiller l’orgueil des joueurs. «Il n'y a pas de leaders dans cette équipe, que des suiveurs», tranche le très influent conseiller de Jean-Michel Aulas. Le classement lui donne raison… Pour l’instant.
A.P.