« Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? » demandait Bardot à Piccoli en 1963. Le beau livre La Face cachée des fesses (Arte Editions) revient sur cette réplique du Mépris de Jean-Luc Godard, en publiant, non pas l'affiche française du film, qui présentait le décolleté de l'actrice, mais la version danoise, qui n'hésitait pas à dévoiler sa « croupe ». Cultes, les fesses de Brigitte, au même titre que les hanches proéminentes de la Vénus de Milo ou l'appétissant popotin de Joséphine Baker.
« Fondement » pour les philosophes, « derrière » pour les communs. Ce n'est qu'un « derche » pour les plus familiers. Et qu'il soit plat, en poire, carré ou juste bombé, il fascine depuis la nuit des temps. Les fesses musculeuses des athlètes de la Grèce antique inspiraient Michel-Ange, tandis que la Vénus hottentote, Sudafricaine ramenée à Londres au XIXe siècle, passionne encore aujourd'hui par son hypertrophie du fessier.
Le postérieur est un sujet intarissable de représentations à travers l'histoire des moeurs et des arts. « Splendides et glorieuses » pour Verlaine. Simplement vendeuses pour Dim ou Ikea. Saviez-vous que le muscle fessier était le plus gros du corps humain ? Que «fesses » vient du latin fissa, qui veut dire « fente » ? Que le strip-tease est né au Second Empire ? Ce livre ne manque ni d'anecdotes, ni d'images, ni d'explications. Montrer des fesses est un langage. Erotique sur une photo de Jean-Paul Goude, provocateur à la une de Charlie Hebdo, protestataire lors d'une manif anti-Otan en 2009. Jean-Paul Sartre avait sans doute raison : « L'univers tourne autour d'une paire de fesses. Et c'est tout. » W