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CLOUD, le «nuage digital» bien parti pour voir le jour dans le ciel londonien

Le projet CLOUD, vu par un artiste
Le projet CLOUD, vu par un artiste/The CLOUD/www.raisethecloud.org

TECHNOLOGIE - Si tout va bien, le monument sera prêt à temps pour les jeux olympiques...

De notre correspondant à Los Angeles

Le projet fait rêver. Ses plans, fantasmer. Imaginez des dizaines de sphères transparentes suspendues à 120 mètres de haut dans la capitale britannique. Vous y accédez à pied ou à vélo, en grimpant au sommet d'une tour-spirale. A l'intérieur d'une bulle, Londres à vos pieds, vous admirez la finale du 100 mètres des JO de 2012. A moins que vous ne soyez au sol et leviez les yeux pour regarder le nuage. Vous y voyez la retransmission de la course ou les tweets des internautes. Le tout complètement auto-suffisant en énergie et financé par une levée de fonds populaire. Science fiction? Plus pour très longtemps, explique à 20minutes.fr Carlo Ratti, chercheur au MIT et l'un des coordinateurs du projet.
 
 
Le MIT, via son équipe du senseable city labs, n'est pas tout seul. Participent notamment au projet le célèbre artiste Thomàs Saraceno, spécialiste des structures flottantes, l'architecte et ingénieur allemand Jörg Schlaich, expert des structures légères (il a travaillé sur les stades de Munich et de Stuttgart), les Français de l'Agence Ter ou encore l'écrivain Umberto Eco, comme consultant.
 
 
Côté technologie, Google est de la partie pour faciliter la levée de fonds. Mais surtout, Google fournira les flux d'informations, directement branchés sur le web et diffusées en temps réel sur un nuage de LED intégrées à la structure. Les sphères seront en ETFE (éthylène-tétrafluoroéthylène), un matériau plastique transparent et résistant déjà employé pour The Cube, la piscine olympique de Pékin ou encore pour le parc britannique Eden Project.
 
Des panneaux photovoltaïques et un ascenseur transformant l'énergie cinétique en électricité lors de la descente des visiteurs (sur le même principe que les freins d'une voiture hybride) s'occuperont des besoin en énergie. Si les bulles accueillant les touristes seront solidement attachées à la tour (et disposeront d'un sol transparent au centre), d'autres flotteront plus librement et pourront servir d'instruments météo ou pour mesurer la pollution.
 
L'exemple d'Obama pour lever des fonds
 
CLOUD a été présenté mi-novembre. Il fait partie d'une short list de projets finalistes d'une compétition organisée par la métropole londonienne. Indépendamment du résultat, le monument devrait voir le jour, selon Carlo Ratti. Il ne reste «plus que la question du lieu à régler, car nous avons informé le maire que nous n'aurions pas besoin d'argent de la ville». Un système «un pixel pour un dollar» devrait être mis en place et les donateurs pourront participer au choix des flux d'informations diffusés sur le nuage.
 
La collecte d'argent auprès du public «va bon train» et devrait passer à la vitesse supérieure par des micro-donations via Facebook ou Twitter. «La campagne d'Obama a montré que c'était possible», précise l'ingénieur passé par les Ponts et chaussées et le département d'architecture de Cambridge.
 
Combien tout cela coûtera-t-il? Cela dépendra de la taille du projet, qui sera directement liée au succès de la levée de fonds. «On peut construire CLOUD avec de 5 à 50 millions d'euros», explique l'architecte italien dans un anglais très chantant. D'ici 2012? «Absolument. Grâce à une telle construction modulaire, il suffit qu'on commence les travaux en 2010 pour tout assembler à temps». Mais plus que la prouesse architecturale ou technologique, Carlo Ratti veut que CLOUD devienne le symbole «d'un effort collectif de l'humanité». Qui, quand elle travaille main dans la main, peut tout défier. Même la gravité.
 
Investiriez-vous quelques euros pour devenir copropriétaire d'une telle réalisation? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.

 

Philippe Berry
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