FOOTBALL - Le gardien numéro 2 du PSG fera l'intérim pendant trois mois…
Si le poste de gardien est toujours à part, que dire de celui de gardien numéro 2? Samedi soir, cirant le banc du PSG, Apoula Edel est passé de l’ombre à la lumière en une fraction de seconde.
Le temps que Coupet s’explose la cheville et le Camerouno-arménien s’est vu propulser titulaire d’un des clubs les plus exposés en France pendant au minimum trois mois.
Pas mal pour un garçon de 23 ans qui n’avait jamais participé à un match de Ligue 1. Radical aussi. «J'ai décidé de ne pas parler», a lâché le joueur dimanche à l'issue du décrassage afin de ne pas se mettre trop de pression. Mercredi, Edel débutera en effet son premier match de championnat en tant que titulaire. Dans les cages de la CFA entre 2007 et 2008, il n’a, pour le moment, disputé que des matchs de coupes la saison dernière (Nancy en Coupe de la Ligue, Montluçon en Coupe de France et surtout Wolfsburg et Braga en Europa League).
Une inexpérience qui n’inquiète pas outre-mesure le club parisien qui ne cesse de vanter les qualités d'Edel. «Quand nous l'avons recruté, Paul Le Guen et Christian Mas (l'entraîneur des gardiens) m'ont beaucoup vanté ses qualités, témoigne Alain Cayzac, ancien président du PSG. Et selon ceux qui l'entourent en ce moment, il a la carrure pour résiter à la pression.» Même sérénité dans le staff actuel. «Pour la suite, j'ai pleinement confiance en Edel. Je me suis battu pour qu'il reste. L'équipe avait peut-être trop confiance en Greg, ce qui explique que l'on avait encaissé autant de buts, et elle sera peut-être plus attentive avec lui», a même positivé Antoine Kombouaré.
Archétype du footballeur moderne
Un bien pour le PSG? A voir. Par contre, cette promotion est assurément la chance de la vie de ce joueur au parcours plutôt chaotique. Apoula Edel est l’archétype du footballeur moderne, bringuebalé de tests en prêts et de bancs en vestiaires. Repéré par un agent au Cameroun, il
découvre l’Arménie, au club de
Pyunik Erevan, le Rapid Bucarest en Roumanie (où il joue une dizaine de matchs avec l'équipe première), un bref passage
en Belgique à la Gantoise (où il ne joue pas) avant le PSG (où il commence à jouer). «Il est grand et costaud et très fort dans ses 16 mètres, explique Gilbert De Groote, recruteur à La Gantoise. Nous l’aurions bien gardé mais tout cela n’avait pas l’air très simple. Vous savez, c’est un monde spécial.» Et pas qu’en club. International arménien alors qu’il est né à
Yaounde, le nouveau gardien parisien a déposé des réclamations auprès de la Fifa pour pouvoir rejouer avec le Cameroun.
Cet été, le PSG a d’ailleurs failli le perdre. Fatigué au bout d’un an d’être la doublure de Landreau, Edel avait eu des velléités de départ. «L'an passé, il s'est dit à un moment donné qu'il pourrait être numéro 1 ailleurs mais il a été sage et a décidé de rester», a expliqué ce week-end son ami Stéphane Sessegnon. Comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre. Même pour les voyageurs…
M. Go.