Soan ne mérite pas les torrents de haine qu'a provoqués sa victoire à l'émission Nouvelle Star. Alors oui, d'accord, il a un look post-grunge et un maquillage méphistophélien un peu ridicules. Oui, sa propension à donner des leçons «d'honnêteté artistique» agace. Oui, il a parfois chanté faux à la télévision...
Pourtant, après écoute de son album, sa poésie réaliste plutôt bien fichue inspire la sympathie. D'une voix cassée, harmoniquement limitée mais habile, il varie les ambiances musicales (d'une complainte noire de chez noir à un rock plein de rage) et les thèmes. Il chante amours et désamours, misères et splendeurs, souvent avec humour et finesse.
Pas envie de «passer pour un con» sur scène
Et s'il accorde ses interviews avec parcimonie et méfiance, le jeune homme s'y révèle affable, pas très original dans sa démarche artistique mais visiblement sincère. En ce moment, il répète pour de futures dates de concerts, encore secrètes. «Je suis feignant mais assez fier quand même pour ne pas vouloir passer pour un con sur scène parce que je n'aurai pas assez bossé.» S'il rechigne à raconter sa vie d'avant la télé, il laisse parfois échapper des détails saisissants: «A une époque, je ne mangeais qu'une fois par jour pour pouvoir picoler plus.» Soan n'a pas l'ambition, et même plutôt la trouille, de faire «pleurer dans les chaumières». Et c'est uniquement pour bien faire comprendre qu'il ne triche pas avec la musique qu'il explique: «Composer des chansons m'aide à ne pas trop me détester, juste assez pour ne pas me foutre en l'air. Avec ou sans succès, je continuerai à faire ça parce que c'est une question de vie ou de mort.»