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Anyss Arbib: «Beaucoup de policiers m'ont ajouté dans leurs contacts Facebook»

Anyss Arbib, étudiant de Sciences Po, a dénoncé des bavures policières.
Anyss Arbib, étudiant de Sciences Po, a dénoncé des bavures policières./DR

INTERVIEW - Le jeune étudiant de Sciences-Po qui accuse des membres des forces de l'ordre de bavure raciale, se dit soutenu par une partie de la profession...

Anyss Arbib a raconté, mardi, comment il s'était fait asperger de gaz lacrymogène et injurier alors qu'il célébrait à Paris la qualification de l'Algérie au Mondial de football. Depuis, les réactions se multiplient, notamment celle du syndicat Alliance, qui a réclamé «que les policiers mis en cause soient lavés de telles ignominies». Anyss Arbib réagit.
 
Que pensez-vous de la réaction d'Alliance?

J’ai aussi demandé une enquête, mais ce qui me gêne avec Alliance, c’est que son discours est très paradoxal: le syndicat dit: «On ne sait pas si c’est vrai ou si c’est faux, mais on sait que c’est faux et on veut que les forces de l’ordre soient lavées de tout soupçon». Quant à l’enquête, je suis serein, je sais ce qu’il s’est passé. Je comprends que ce soit le rôle d’un syndicat de défendre les forces de l’ordre, mais il faut quand même un minimum de lucidité.
 
Comment votre discours est-il perçu par les forces de l’ordre en général?
Très bien. J’ai eu plusieurs témoignages de soutien. Mercredi, par exemple, un policier retraité m’a dit qu’il était fier de ma prestation car je ne stigmatise pas l’ensemble de la profession. Il estime que les problèmes existent et m’a précisé: «Il faut des gens comme vous pour les combattre». On voit qu’une minorité peut faire beaucoup de dégâts, surtout quand elle a la légitimité de la violence. Par ailleurs, beaucoup de forces de l’ordre m’ont ajouté dans leurs contacts sur Facebook. Ils disent apprécier mes déclarations car je ne généralise pas, et qu’ils connaissent l’existence de brebis galeuses dans la police.
 
De votre côté, quelles suites allez-vous donner à cette affaire?

Mercredi soir, j’ai fait appel au Comité national de déontologie de la sécurité, via un parlementaire. Pour l’instant c’est la meilleure option selon moi. La question devrait être évoquée ce jeudi en session parlementaire.
Propos recueillis par Oriane Raffin
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