
Grand Paris, mais pas grosse ambiance. Le secrétaire d'Etat à la Région-capitale, Christian Blanc, a été l'objet de vives attaques, mardi soir, lors de la lecture de son projet de loi (lire encadré) à l'Assemblée. Il est 21 h quand la députée parisienne Annick Lepetit (PS) demande une motion de rejet préalable. En cause : la procédure d'urgence qui accompagne le texte. « C'est une initiative du Sénat liée à un problème de calendrier », répond, sans conviction, Christian Blanc. « La moindre des choses eût été que l'Assemblée soit consultée ! », tempête aussitôt le président (UMP) de l'Assemblée, Bernard Accoyer.
Le secrétaire d'Etat défend ensuite sa loi sur un ton monocorde. « Beaucoup de fausses idées circulent au sujet de la Société du Grand Paris, comme si le texte examiné aujourd'hui en était resté à sa version primitive », explique Christian Blanc, reconnaissant, au passage, un manque de concertation initial. Le rapporteur, le député (UMP) Yves Albarello, semble venir à son secours. Avant de lâcher : « Permettez-moi toutefois, malgré la qualité de votre document, d'émettre un regret. Le temps a manqué, tant à vous [...] pour lui donner une dimension plus grande encore, qu'à nous pour lui apporter des développements qu'un projet de cette ampleur aurait mérité de présenter dès à présent. » L'oubli de la vallée du Mantois est une « lacune » et l'approche de Roissy « insuffisante et réductrice ». Dans les couloirs, le député-maire (UMP) de Saint-Maur (Val-de-Marne), Henri Plagnol, fulmine : « Je voterai contre le texte. Le jacobinisme, ça n'a jamais marché et ça ne marchera pas ! » Plus diplomate, Françoise de Panafieu (UMP) « aurait aimé que le projet fasse davantage référence aux architectes consultés par Nicolas Sarkozy ». Dans l'hémicycle, l'ex-communiste Jean-Pierre Brard s'adresse directement à Blanc : « A la veille de Noël, le "grand 8" est comme un jouet de construction, un Lego qui donne corps à vos fantasmes ! » Les débats reprenaient hier soir et aujourd'hui. W
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publié le : 10-02-2010 01:40
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