Tout savoir sur le dernier soin à la mode chez les footballeurs anglais

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Publié le 25 novembre 2009.

FOOTBALL – Le placenta décrypté par Gérard Dine...

Devant la vague de joueurs de Premier League qui ont sauté dans l’avion pour se faire soigner avec du placenta de jument (ou de femme) en Serbie, 20minutes.fr a appelé l’hématologue Gérard Dine, spécialiste du dopage pour tenter de comprendre.

Pourquoi du placenta?

Dans le placenta des animaux et des humains, il y a ce qu’on appelle des facteurs de croissance. «Ce sont des amplificateurs de cellule qui permettent de réparer plus vite les bobos (Ischio jambiers, ligaments, tendinites, ndlr) et de lutter contre le vieillissement. C’est une biothérapie (qui utilise les tissus vivants, ndlr) qui a été inventée, il y a 30 ou 40 ans, et popularisée dans les cliniques suisses régénératives», explique Gérard Dine. Une technique qui pourrait se populariser à grande vitesse dans le football professionnel où l’intensité du calendrier oblige les joueurs à se soigner vite.

 

Est-ce compliqué?

Non. Les médecins extraient les facteurs de croissance des placentas et les injectent à l’endroit des blessures. Par contre, on est toujours obligé d’utiliser des produits hextraits d’animaux ou d’humains car on n’arrive pas à créer ces facteurs de croissance de façon synthétique. Mais les techniques évoluent. «Des laboratoires  travaillent à des produits synthétiques. Ils font même des essais chez des sportifs  mais c’est pour le moment beaucoup trop cher», analyse Gérard Dine

 

Est-ce du dopage?

Question compliquée.  Philosophiquement non car on n’améliore pas les performances mais on accélère la guérison. «On est quand même à la limite de beaucoup de choses», pense Gérard Dine. Notamment la légalité.


Illustration de l’ambigüité de ces techniques, on se souvient de l’Actovégin, un sérum extrait du sang de veau. Ce produit, lui aussi issu de la biothérapie, a la même mission que le placenta. Par deux fois, son utilisation a fait débat. D’abord lorsque les journalistes de France 3 avaient trouvé des emballages de ce produit dans les poubelles de l’US Postal, l’équipe de Lance Armstrong, puis lorsque Patrick Vieira avait failli en prendre à l’Euro 2008. Exemple du flou dans lequel naviguent les sportifs et les médecins, l’Actovégin interdit en France et autorisé en Allemagne.

 
 Le soin au placenta pose le même genre de questions. En France, aucun hôpital ne pratique cette technique de soin. Et certains entraîneurs de clubs ont ainsi interdit à leurs joueurs de se soigner de cette façon (comme Jose Mourinho à l’Inter). «De plus, il y a une certaine dangerosité car on peut toujours transmettre des virus», détaille Gérard Dine.

 

M. Go.
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