« J'ai connu huit évacuations de squats en deux ans et globalement, les personnes reviennent, même si elles ont été expulsées, indique Christophe Adam, responsable de Médecins du monde à Bordeaux. Le problème est inéluctable. » C'est également le constat qu'a fait la préfecture au lendemain de l'incendie, en octobre, du squat de l'avenue Thiers, qui abritait 80 Roms.
Les institutions - Etat, mairies et CUB - ont décidé de se saisir du dossier en créant officiellement, hier, une maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale (Mous) destinée à évaluer la situation et aider les populations à s'insérer. « La Mous ne doit pas chercher à résorber le problème, mais trouver une solution alternative », commente Christophe Adam. D'ici à dix-huit mois, tous les squats de l'agglomération seront visités par le centre d'orientation sociale (COS) de Bordeaux pour rencontrer les Roms, qui seraient 900 dans la CUB, selon la préfecture (500, selon les associations). « L'urgence est de reloger temporairement les familles dans des Algeco, indique Bernard Gonzalez, secrétaire général de la préfecture. Les mairies doivent nous préciser les lieux où nous pouvons les installer avant la fin de l'année, nous voulons accompagner ces familles. » Et elles, globalement, « elles veulent s'insérer et en ont la capacité », précise Philippe Ellias, directeur du COS. Ce dernier vient d'achever le diagnostic sur la situation des Roms de l'avenue Thiers : « La plupart des enfants sont scolarisés, certains adultes ont des capacités dans le bâtiment ou l'agriculture et la majorité veut rester en France. » Philippe Ellias estime que la démarche de la préfecture est ambitieuse, car il s'agit de « porter un autre regard ». Reste à trouver des logements pour accueillir ces familles. « Les solutions existent », assure la préfecture. W
O. D.
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publié le : 10-02-2010 01:40
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